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LETURQUE (Henry). Le Trois-mâts La Tire-Lire .

LETURQUE (Henry). Le Trois-mâts La Tire-Lire .

SKU : 9501150
350,00 €Prix
Paris, Ancienne Librairie Furne, Combet et Cie, [1902], gr. in-8 (29,5 x 21 cm), percaline rouge. Au premier plat, polychrome, scène de pêche à la tortue des naufragés de La Tire-Lire, sous la direction de l'ermite (p. 247), un habitant permanent de l'île où échouent les héros, qui a adopté l'allure classique voire caricaturale du naufragé hirsute à la Robinson Crusoé revisitée par le Ayrton de Jules Verne. Au second plat, fer floral noir, au dos, portrait doré de l'annamite Yvon (d'après le premier plat), tr. dorées (J. Fau, graveur), (4)-284 pp. ¦Édition originale illustrée de 30 dessins de J. Beuzon, dont 10 hors-texte.De la série Les Mille et une aventures, composée de six titres.Première publication en feuilleton dans Le Journal des voyages n° 174-188, 1er avril-9 juillet 1900.Henry Leturque est lun des romanciers daventures du groupe des auteurs du Journal des voyages sur lesquels nous possédons le moins dinformations biographiques. Il est lauteur de six romans publiés en volume par la Société d'édition et de libraire puis Combet et Boivin, de 1899 à 1909, formant une série rivale de celles de Paul dIvoi ou de Paul de Sémant : Le Grand Serpent (1899), LÉvadé de la Katorga (1900), Le Trois-mâts La Tire-Lire (1902), Cartahut le matelot (1905), Les Bandits de la Cordillère (1908), Les Mangeurs de sable (1909), tous parus dans le Journal des voyages et illustrés par des artistes différents (Damblans, Beuzon, Clérice). Les quatre autres romans de Leturque parus dans ce magazine ont été publiés lun par Juven (LIndien blanc, 1908), et les trois autres par Tallandier, dans la série bleue de la Collection du Livre national, qui publie en plus Au pays des gauchos (1907), un roman non paru dans le Journal des voyages. Tous ces récits sont des romans daventures exotiques, la plupart situés en Amérique du Sud, certains en Russie, en Afrique ou en Extrême-Orient, comme Le Trois-mâts La Tire-Lire, qui a donné lieu à quelques comptes-rendus dans les revues littéraires, permettant den apprécier la verve et la saveur, nous présentant un de ses héros, le capitaine Pilouface, marin français intrépide, sachant se sortir des situations les plus inextricables par sa bonne humeur, ses ressources et son astuce :« En se rendant à Hong-Kong, le capitaine du trois-mâts la Tire-Lire, Pilouface, sauve un paquebot anglais à bord duquel se trouvait le grand maître de la société secrète des Babouches vertes. Pendant son séjour à Hong-kong, Daniel, le jeune neveu du capitaine, est enlevé par des Chinois portant un parapluie jaune. Aidé par les Babouches vertes, Pilouface part à la recherche de l'enfant. De son côté, Dicka l'espionne, marâtre de Daniel et qui l'a fait enlever, a acheté à prix d'or le concours des prêtres de Bouddha. C'est, dès lors, la lutte entre cette Dicka et Pilouface. A travers mille péripéties, l'auteur nous pilote au pays des magots et des sectaires. Il fait connaître ces redoutables sociétés secrètes d'où sont sortis les farouches Boxers. Avec lui on pénètre dans ces pagodes mystérieuses, repaires de bandits encore plus terribles; avec lui, on voit à l'œuvre les pirates qui infestent les mers de Chine. » (Le Correspondant, 1902, volume 209, p. 1195).« Ce n'est pas seulement à nos commerçants et à nos marins que la Chine s'est ouverte : voici que nos conteurs y mènent nos enfants par la main. Le pays des Boxeurs a beau être terrible, la Pagode inaccessible et la Cité interdite à nos regards européens : M. Henri Leturque conduit son lecteur charmé aux plus mystérieux repaires des « Babouches vertes » et lui dévoile tous les secrets des magots et des bandits. Le brave capitaine Pilouface pilote sans effroi son brick aventureux à travers ces mers et ces fleuves chargés de pirates, si bien qu'aux perfidies chinoises finit toujours par s'imposer la bravoure marseillaise. Abordages, sauvetages, coups de chausson, explosions, poissons volants, bonzes, espionnes, naufrages, en trois cents pages, un univers de monstres et d'aventures sans précédent ! » (La Revue de Paris, 1902, p. 898).La couverture illustre lun des plus curieux épisodes du roman, où les naufragés de la Tire-Lire rencontrent le Hakka, ermite vivant sur une côte désolée dans le détroit de Formose où échoue leur navire après avoir été attaqué par les pirates. Nouvel Ayrton, doué dune merveilleuse ingéniosité et dune connaissance approfondie des ressources naturelles, lermite vient en aide aux naufragés, mettant à leur service sa technique de chasse à la tortue (à laide dun remora-ventouse), leur procurant des pierres ponces pour faire un radeau et enflammant la mer pour tenter de détruire le navire de leurs ennemis. Au dernier chapitre, leur cher navire la Tire-Lire, quils croyaient coulé, réapparait comme par miracle, ayant été renfloué par un capitaine de Shang-Haï, en réparation du préjudice subi.Joseph Beuzon (1864-1940), peintre et illustrateur, a travaillé pour tous les éditeurs de livres illustrés des années 1890-1914, Quantin, Lecène et Oudin, Charavay, Mantoux et Martin, Combet puis Boivin, Picard et Kaan, Tallandier, enfin Hachette, au moins de 1904 à 1929, ainsi que pour les périodiques de la même période, Le Drapeau (1886), La France illustrée (1888-89), Le Voleur illustré (1891), Le Tour du monde (1898), Le Monde illustré (1901) Le Journal de la jeunesse et Mon journal (1898 à 1918). Il a aussi collaboré au Journal des voyages de 1889 à 1911, illustrant des romans de Louis Boussenard, Maurice Champagne, Camille Debans, Paul dIvoi, Henry Leturque et Jack London. Avec son frère Louis, il signe certains dessins de LAnneau de feu de Miral-Viger (1922, PH 23/447). Les deux frères travaillent aussi pour illustrer des missels déditeurs religieux (Brepols, Droguet et Ardant).La collection des six romans daventures de Leturque, moins connue que ceux de Paul dIvoi, quoique publiée par le même éditeur, lancienne librairie Furne et ses successeurs Combet et Boivin, rivalise de splendeur avec elle. Pleine de verve, elle se lit avec un agrément égal ou supérieur. Elle mérite dêtre redécouverte. Dans son étude Initiation aux plats historiés (2015), M. Xavier de Planhol a élu lun dentre eux (Les Bandits de la Cordillère) parmi les plus belles réussites esthétiques du cartonnage polychrome. A notre avis, les autres peuvent partager cette distinction méritée.Superbe plat historié.
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