top of page
[MALLARMÉ] . HOPE (Mrs W.C . [sic] Elphinstone). L'étoile des fées .

[MALLARMÉ] . HOPE (Mrs W.C . [sic] Elphinstone). L'étoile des fées .

SKU : 9500722
1 200,00 €Prix
L'Etoile des fées. Paris, G. Charpentier, 1881, in-4 (28,5 x 21,5 cm), percaline rouge. Premier plat orné d'un décor sidéral noir et or (étoile rayonnante, globe terrestre, nuées), dans un encadrement de motifs et guirlandes dorés. Second plat portant le même décor en noir, dos portant le titre en long et deux fers décoratifs en tête et en pied, tr. dorées (A. Souze, graveur), (4)-90-(4) pp. dont une page d'annonces de livres d'étrennes ¦Édition originale française dans la traduction de Stéphane MALLARMÉ, parue simultanément avec l'éditio n originale du texte anglais chez le même éditeur, réalisée dans une présentation similaire. Onze illustrations hors texte par John LAURENT, dont un frontispice, sous serpentes légendées. L'auteur du texte anglais est la veuve d'un vice-amiral de la Royal Navy, Charles Webley Hope (1829-1880). La page de titre inverse donc ses initiales (transcrites correctement sur la page de titre de l'édition anglaise). Rappelons que Mallarmé était, à cette époque, professeur d'anglais au lycée Fontanes (aujourd'hui Condorcet), et qu'il recherchait des travaux complémentaires pour augmenter ses ressources. Après Les Mots anglais (Truchy, 1877), il avait réalisé une adaptation d'un ouvrage de George W. Cox, Les Dieux antiques pour l'éditeur Rothschild (1880). Il n'avait pas encore publié ses traductions des poèmes de Poe, à l'exception de The Raven (Le Corbeau, 1875). "La traduction de The Star of the Fairies de Mrs. C. W. Elphinstone Hope est une besogne alimentaire d'un genre particulier", écrit Bertrand Marchal dans sa notice aux Oeuvres complètes de Mallarmé (Pléiade, 2003). "C'est Théodore de Banville qui s'entremit pour obtenir de Georges Charpentier, l'éditeur de Zola et des naturalistes, que fût demandée à l'auteur des Mots anglais la traduction, payée quatre cents francs, de cet ouvrage pour enfants". Cette besogne, acceptée le 16 octobre 1880 et achevée un mois plus tard, est réalisée en priorité par le poète, l'ouvrage devant paraître pour les étrennes. Mallarmé a travaillé à partir du manuscrit de l'auteur et avoue avoir eu quelques difficultés "à lire deux noms propres". Il modifie d'ailleurs le nom du roi de la contrée féerique, Ponymus dans l'original, Dorigénès chez Mallarmé, mais, pour le reste, "son travail s'est borné à traduire le conte ( ...) les libertés qu'il a pu prendre sont négligeables" (G. Laflèche, "Le Conte (nu) mallarméen", Études françaises 12 (1976), note 12 p. 140). Le 2 janvier 1881, le grand quotidien littéraire le Gil Blas salue ce livre d'étrennes un peu spécial : " [ ...] Signalons enfin la remarquable traduction qu'un érudit délicat et un poète, Stéphane Mallarmé, à qui nous devons déjà le beau livre des Dieux antiques, publié chez Rothschild, a faite d'un conte anglais de C. W. Elphinstone Hope, L'Étoile des fées. C'est une oeuvre pleine de saveur et d'étrangeté ; plus étrange encore est l'illustration, confiée à John Laurent. Que ceux de nos lecteurs qui ont l'horreur du banal et du convenu s'empressent de se procurer L'Étoiles des fées". "En même temps que cette traduction, l'éditeur G. Charpentier publia le texte anglais dans le même format et, à quelques différences près, sous la même forme" (Talvart et Place, XIII, 129). L'édition anglaise, imprimée par Lahure, publiée à Paris et diffusée à Londres "chez tous les libraires", constitue également une curiosité, qui permettait en outre aux petits francophones de s'initier à la langue anglaise avec une agréable histoire conçue pour le jeune âge. Le premier plat historié est identique pour les deux éditions, à l 'exception du titre anglais ou français (mais dans le même caractère typographique) et l'absence de la signature de Souze sur la plaque anglaise. Le second plat de l'édition anglaise comprend des encadrements de motifs géométriques et décoratifs en noir (et non la reproduction en noir du premier plat) et, si son dos porte le titre anglais en long, les ornements de tête et de pied (motif circulaire rempli d'étoiles) sont empruntés au premier plat. Sans doute, "l'éditeur Charpentier qui lui consentit l'édition luxueuse de ce volume ne fut-il pas insensible à quelques descriptions délicates, à quelques douces rêveries, que le crayon de John LAURENT illustra remarquablement ?... L'Étoile des fées joint à la pureté d'une langue simple et harmonieuse, la clarté nécessaire aux légendes populaires" (Bulletin du Bibliophile, 1925, pp. 352-354). "Les onze étranges compositions du peintre John LAURENT créent dans ce beau livre un climat onirique légèrement surréalisant qui dut plaire à Mallarmé (...). Les compositions sont reproduites par le "papier procédé", procédé employé par Charles Gillot dans les années 1880 pour l'exécution de dessins en demi-teintes susceptibles d'être reproduits directement par la photographie de trait" (Galantaris) ; sur le procédé Gillot, voir aussi le PH 82 (Le Roland furieux, illustré par G. Doré). La page d'annonces finales, "Livres d'étrennes de la collection grand in-8 colombier" comprend quatre autres titres. Le premier est signé Sarah Bernhardt (Dans les nuages, ill. G. Clairin, 1878), les autres sont : La Princesse Méduse par Daniel Darc (conte illustré par Félix et Frédéric RÉGAMEY, 1880), La Vraie tentation du grand saint Antoine, par Paul Arène (contes de Noël illustrés, 1880) et Légendes des bois et chansons marines par André Lemoyne (1881), tous quatre publiés en trois présentations : broché, "cartonné à l'anglaise avec fers" (c'est-à-dire à plat historié) et en demi-reliure à coin. Ainsi L'Étoile des fées n'a pas d'autre prétention que d'être un livre pour enfants, destiné à prendre place dans une série de livres d'étrennes de luxe à laquelle collaborent des auteurs et des artistes de renom. S'il n'avait été traduit par l'illustre poète, il serait tombé dans l'oubli le plus profond, tout comme son auteur est demeuré totalement inconnu de l'histoire littéraire. Véritable singularité littéraire dans sa double présentation, cet ouvrage devenu rare, comme la plupart des livres à plat historié, est fort recherché aujourd'hui par les amateurs avertis. L'édition française a atteint, à Drouot, le 30 avril 2009, l'enchère de 1200 euros, doublant son estimation (soit un prix de vente de plus de 1500 euros avec les frais !). Ce prix, commandé par le renom immense de son traducteur, ne paraît pas exagéré pour les collectionneurs d'éditions originales de Mallarmé. Et cette particularité devrait permettre de faire comprendre aux amateurs de livres à plat historié quelle est la valeur réelle, intrinsèque, de tous autres ouvrages, aussi rares que celui-ci en bon état, et qui n'ont pas pour eux d'être recommandés par un grand nom. Nous le proposons, ce qui est encore plus exceptionnel, dans la double édition originale, anglaise et française, à plat historié. Carteret, II, 96. Montel et Monda, Bulletin du bibliophile, 1925, pp. 352 -54 et 418-49. Talvart, XIII, 129-130. Galantaris, Verlaine, Rimbaud, Mallarmé (2000), p. 366. Mallarmé, Oeuvres complètes, éd. B. Marchal, II (Pléiade, 2003), pp. 1786-87. Splendide cartonnage de l'éditeur, très bel état général.
bottom of page