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MALOT (Hector). En famille .

MALOT (Hector). En famille .

SKU : 9500421
450,00 €Prix
Paris, Ernest Flammarion, éditeur, 1893, gr. in-8 (28 x 20 cm), percaline rouge, bords biseautés. Premier plat orné d'une composition polychrome et dorée, représentant, en réserve, plusieurs scènes du récit (Perrine et son âne Palikare, sa cabane, les retrouvailles avec son grand-père, d'après les pp. 12, 181, 494), ainsi qu'un bouquet de roseaux, titre et auteur dans un cartouche central. Au second plat, motifs géométriques noirs en encadrement et fer central, dos orné de motifs noir et or, tr. dorées (Ch. Magnier et ses f ils, relieurs), (6)-512-(2) pp. ¦Édition originale illustrée de 121 gravures in et hors-texte dont 21 à pleine page par Henri LANOS (1859-1929). L'édition originale (ou premier tirage) est reliée par Magnier (les retirages par Engel) et est imprimée par Lahure (les retirages par Hemmerlé). Moins connu que Sans famille (1878, cf. PH 7/163) avec lequel il n'a d'autre rapport qu'une proximité thématique, ce roman a marqué tout autant ses jeunes lecteurs. Paru en feuilleton en 1893 dans Le Petit Journal , puis chez Flammarion en deux volumes, il narre, dit Anne-Marie Cojez, "l'histoire d'une jeune orpheline, Perrine, qui, partant de Paris à pied, gagne le village de Maraucourt dans la Somme, pour y rejoindre son grand-père, Vulfran Paindavoine, un industr iel qui a fait fortune dans le travail du jute. La fillette, par ses qualités [et sans se faire connaître], gagne la confiance du vieillard et trouve sa place auprès de lui. Ce faisant, elle lui ouvre les yeux sur les difficiles conditions de vie de ses ou vriers et lui inspire des actions en leur faveur : la construction de logements, de restaurants, d'une crèche, d'un hôpital et d'un cercle de loisirs. Outre la fable axée sur la reconnaissance entre grand-père et petite-fille, outre une étude morale centré e sur la volonté, Hector Malot donne à voir, dans ce roman, la grande industrie textile : les techniques de transformation du jute, l'organisation des sites de production, les tensions liées à la concurrence étrangère, aux rivalités familiales, à l'ambitio n du personnel de direction ; il évoque les inégalités entre patrons et ouvriers, et fait valoir le paternalisme comme remède à ce que l'on appelle alors la question sociale" (site Picardia, l'encyclopédie picarde, 2008). Pour l'écrire, Malot a séjourné en Picardie. Le dossier préparatoire qu'il a laissé "nous permet de savoir qu'il effectua son voyage en juillet 1892, et qu'il se rendit dans la vallée de la Nièvre. Son but était double : visiter les usines Saint Frères et explorer "les entailles", nom d onné, dans la région, aux tourbières" (id.). En effet, une partie du récit est située dans cette région de la Somme, au "paysage [d']étangs laissés par l'exploitation de la tourbe", et, sous le nom de Maraucourt y est dépeinte la ville de Flixecourt, où é taient installées ces usines. "Le romancier a recueilli dans la vallée des informations générales sur l'entreprise", poursuit Anne-Marie Cojez ; "le nom des sites de production (...), la spécialité de certains d'entre eux "St Ouen Filature de chanvre et d e jute", le nombre total d'ouvriers "6000", la nature des infrastructures "chemin de fer et téléphones". S'ajoutent à cela des renseignements sur les sources d'approvisionnement et l'origine des machines utilisées. Le romancier s'est également penché sur l es conditions de vie des ouvriers. Il note le montant de leurs salaires, mentionne le travail des enfants, souligne le caractère malsain de l'air dans les ateliers de peignage de chanvre. Il indique le nom d'un directeur qui s'est fait la spécialité d'abus er des femmes et des jeunes filles et de soutirer aux ouvriers une part des gratifications qu'ils obtiennent. Il mentionne aussi l'alcoolisme ambiant et l'existence de mouvements revendicatifs." Rendu ainsi vivant et documenté, le roman est un témoignage passionnant sur la vie d'une entreprise à la fin du XIXe siècle, considéré sous un angle cependant moins dramatique ou naturaliste que chez Zola. Longtemps publié dans des collections pour la jeunesse, il a été redécouvert en 2006 grâce à l'action de l'ass ociation des Amis d'Hector Malot. Plusieurs éditions ont suivi, et les services d'animation culturelle de Picardie proposent une promenade littéraire sur les lieux, qui se visitent "livre en main". Flammarion a réédité l'ouvrage en 1929 avec le même décor au premier plat mais dans une polychromie moins complexe, à l'impression noire plus marquée. Le dos est frappé également d'un motif plus simple, entièrement doré. Comme souvent dans les retirages d'après guerre, seule la tête est dorée. Très bel exemplai re.
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