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MANNING (Samuel) . Le Pays de la Promesse, Palestine .

MANNING (Samuel) . Le Pays de la Promesse, Palestine .

SKU : 9500683
900,00 €Prix
Toulouse, Société des livres religieux, 1892, gr. in-8 (28,5 x 21 cm), percaline rouge. Premier plat noir et or représentant un berger, sa famille, ses moutons et ses chameaux (d'après la gravure "Arabe dans la plaine du Jourdain", p. 89) et groupe de palmier-dattier. Second plat orné d'encadrements et d'un médaillon noirs, dos orné de motifs décoratifs noir et or, tr. dorées (A. Souze fils, graveur), X-(2)-264 pp., index. ¦Édition originale de la traduction française (librement traduite de l'angla is) par E. Dadre, pasteur à Faugères (Hérault), illustrée de nombreuses gravures sur bois et de cinq cartes et plans. La carrière du révérend Manning (1822-1881) est divisée en deux parties bien distinctes : pasteur baptiste à Sheppard's Barton (Somerset) de 1846 à 1861, il devient éditeur du Baptist Magazine puis responsable des publications de la Religious Tract Society à partir de 1863. Il visite divers pays, d'où il rapporte des récits de voyages qu'il publie dans une collection illustrée "Pen and Pe ncil", à plat historié : la Suisse (Swiss Pictures drawn with pen and pencil, 1866), l'Espagne (Spanish Pictures drawn with pen and pencil, 1870), la Palestine (Those Holy Fields : Palestine, 1874), les États-Unis (American Pictures drawn with pen a nd pencil, 1876), l'Italie (1880), l'Angleterre (avec S. G. Green), etc. C'est la grande époque des livres de voyage illustrés. A partir de 1870, les éditions Appleton de New York se lancent dans l'édition de Picturesque America (1870-74), suivi de P icturesque Europe (1875-79) et de Picturesque Palestine (1881-84), illustrés par Harry Fenn et J. D. Woodward. Ces livres et leurs gravures servent de modèles pour des éditions étrangères ou inspirent d'autres voyageurs. En particulier, la Palestine dev ient ou redevient une destination touristique, du fait de son attrait historique, religieux et archéologique. Victor Guérin publie les deux volumes de La Terre Sainte (Plon, 1880-1881), en reprenant les gravures de Fenn et Woodward. De son côté, le Dr Lo rtet parcourt la région en 1875-1878 et écrit La Syrie d'aujourd'hui (Hachette, 1884, PH 18/354), qui décrit également la Palestine. La contrée est alors très différente de ce qu'elle deviendra. Confirmant les anciennes prophéties, Manning décrit un "pa ys désert et désolé, largement inhabité". Le pays est "endormi et solitaire, comme une mère abandonnée, attendant le retour de se enfants" dit David Rubin (God, Israel & Shiloh, 2007, p. 74). A partir de 1882, des pèlerinages annuels sont organisés vers la Terre Sainte par les Assomptionnistes. Mme de Belloc en écrit un compte-rendu sous le titre Jérusalem (Palmé, 1884, nouvelle édition à plat historié en 1887). De son côté, Jules Hoche publie Le Pays des Croisades (Librairie illustrée, 1885). Le Po lybiblion note que Hoche est protestant mais que son livre est fortement teinté de sentiments catholiques... En 1890, la Société des livres religieux de Toulouse entreprend une traduction d'un premier livre de Samuel Manning, La Terre des Pharaons, Égyp te et Sinaï, "préface naturelle" au présent livre, dit le traducteur. "Il était utile de mettre sous les yeux des lecteurs les sites de la Palestine, l'aspect si étrange de ses villes et les ruines si éloquentes de ses monuments. Rien ne pouvait mieux aid er à comprendre les événements qui se sont accomplis et ceux qui se produiront encore dans Le Pays de la Promesse. C'est une frappante confirmation et comme un commentaire lumineux des Écritures." Il est remarquable que cet éditeur, aux ressources mode stes, se lance dans une telle entreprise. "Le Comité de Toulouse s'est imposé pour cela des sacrifices relativement considérables (...) Son ambition a été, cette fois encore, de préparer une édition qui, tout en restant par son prix à la portée des bourses les plus modestes, se tînt cependant à la hauteur des exigences d'une érudition sérieuse et d'un goût éclairé et compétent." Fondée en 1831 par les frères Courtois, la Société des livres religieux de Toulouse a été étudiée par Jean-Yves Carluer qui la dé crit comme une des oeuvres les plus originales du protestantisme français du XIXe siècle. "Par son importance (avec près de huit millions d'ouvrages [sic, de volumes] publiés entre 1833 et 1905, elle domine alors l'édition religieuse réformée), par ses s tructures (une entreprise familiale appuyée sur une banque plutôt que sur un encadrement associatif), par sa localisation enfin (provinciale et non pas parisienne), la société (...) apparaît totalement singulière. Véritable pôle de communication aux multip les facettes (colportage, édition de livres, création d'un réseau de bibliothèques), elle a participé de façon significative à la modernité religieuse et culturelle de son temps." ("Un grand éditeur protestant du XIXe siècle : la Société des livres religie ux de Toulouse", Annales du Midi n°248, 2004). On remarquera la qualité esthétique du premier plat historié, demandé à l'atelier Souze et signé de Souze fils. A son habitude, celui-ci offre une composition dorée très fine et riche en nuances. L'éditeur a estimé que le recours à ce graveur représentait une valeur ajoutée significative pour promouvoir son livre auprès du public. De fait, celui-ci s'insère dans une belle série de plats historiés "palestiniens", après ceux des livres de Belloc et de Hoche, d us à Auguste Souze père, qui ont, de ce fait, un air de famille... Le plat historié français s'inspire de celui de l'édition anglaise (Those Holy Fields : Palestine, qui existe en percaline verte, grise, bleue ou marron) dont l'éditeur a choisi la même gravure pour illustrer son plat, mais avec un décor différent et une seconde vignette au-dessus (vue de Jérusalem de la p. 119). Il est intéressant de comparer la facture des deux plats historiés. Celui de l'édition anglaise est une réduction, à l'or uniqu ement, de la gravure d'origine. Le graveur n'a ainsi conservé que cinq moutons sur les douze ou treize, les sangles et harnais des chameaux sont simplifiés, le sac n'a pas la même position, etc. La plaque française de son côté est d'une fidélité très grand e à la gravure d'origine, reproduisant tous ses détails, et même ses ombres, représentées par des hachures noires très fines. A côté de ses activités évangéliques et missionnaires, la Religious Tract Society est un véritable éditeur. Comme toutes les soci étés religieuses protestantes, elle considère l'édition comme un moyen privilégié d'éducation et de mission religieuse (Samuel G. Green, The Story of the Religious Tract Society for one hundred years, 1899). A son catalogue figurent de nombreuses publica tions bon marché pour l'enfance et la famille, des collections et des almanachs, et en particulier des magazines comme Sunday at Home ou Leisure Hour. Parmi ses publications les plus célèbres, il faut mentionner les deux grands magazines pour la jeunes se, The Boy's Own Paper (1879) et The Girl's Own Paper (1880), qui publient des romans d'aventures pour garçons et filles, en tout point semblables à ceux d'Hetzel, sauf l'aspect laïque propre à ces derniers. Les romans qui y paraissent en feuilleton s ont ensuite repris en volumes avec de magnifiques plats historiés. Jules Verne y est traduit, à côté d'auteurs anglais peu ou pas connus en France. Ce n'est pas la première fois que l'on constate des interactions entre éditeurs de différentes nations. L'es thétique des plats historiés, répandue dans tous les pays, y prospère sous des formes diverses qui ne manquent pas de s'influencer. Très bel exemplaire, peu commun.
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