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MAZE (Jules) . Le Carnet de campagne du sergent Lefèvre, 1914-1916 .

MAZE (Jules) . Le Carnet de campagne du sergent Lefèvre, 1914-1916 .

SKU : 9500921
350,00 €Prix
ours, Maison Alfred Mame et fils, [1916], in-4 (32 x 25 cm), percaline vermillon. Au premier plat, noir, bleu et or, le sergent Lefèvre assis prend des notes dans un carnet au front (dessin signé JD), titre et insigne (grenade) dorés aux angles. Second plat muet, titre et trois galons de sergent dorés au dos, tr. dorées, 318-(2) pp. ¦Édition originale illustrée de 6 hors-texte (un d'Eugène Chaperon, trois de Em. Samson, deux photos de L'Illustration) et de 75 photo graphies. Natif des Ardennes, Jules Martinie (1865-1951), adopta le nom de sa mère, Mazé, comme nom de plume. Publiant chez Mame des ouvrages sur divers conflits militaires, il fut romancier, poète, historien, critique d'art et journaliste, membre fondate ur de la Société des écrivains ardennais, officier puis conseiller référendaire à la Cour des comptes. Appartenant à la génération qui, sans avoir vécue la guerre de 1870, en a subi les conséquences, il s'en fit l'historien aux éditions Mame, avec une sér ie en quatre volumes consacrée à L'Année terrible : Les Étapes héroïques (1902), La Terre sanglante (1904), La Défense de Paris : armées du Nord, des Vosges et de l'Est, siège de Paris (1909) et Les Derniers coups de feu (l'armée de la Loire) (19 08). Toujours chez Mame, il publia L'Épopée impériale : d'Ajaccio à Sainte-Hélène (1910) et La Jeunesse de Bonaparte (1913). Il s'intéressa enfin à La Conquête de l'Algérie (1911). Ces ouvrages furent réédités plusieurs fois. Cette génération vivra ensuite la Grande guerre de 1914, et les auteurs, comme Mazé ou le lieutenant-colonel Rousset, ayant évoqué la guerre franco-allemande précédente, se feront les historiens du conflit suivant. Mazé en relate ici certaines péripéties. Il publiera deux autres livre sur le sujet : Les Champs de bataille de l'épopée, première partie, La Marne, de Nanteuil-le-Haudouin à Sommesous (Vermot, 1917) et Les Mémoires d'un commandant de compagnie, 1914-1918, histoire d'un régiment d'infanterie pendant la guerre (Blou d et Gay, 1920), livres de circonstance, destinés aux lecteurs de l'arrière, avides de connaître les conditions de vie des soldats pris dans cette terrible épreuve. "Le sergent Lefèvre, dit l'auteur, fut un vaillant soldat perdu dans la masse héroïque qui dresse devant l'ennemi des millions de poitrines françaises, un de ces admirables enfants de France qui accomplissent magnifiquement et modestement leur devoir, sans se douter que leurs actes touchent souvent au sublime, que leur jeune gloire fait pâlir la gloire des aïeux. Il me conta son histoire au hasard de congés de convalescence après blessures et de rares et courtes permissions, s'aidant de son carnet de campagne, un livret taché de boue et de sang, qui disparut avec lui dans la fournaise de Verdun. Cette histoire, qui est celle de beaucoup d'autres, - car nos héros vivent la même vie, supportent les mêmes fatigues, courent les mêmes dangers, - j'ai essayé de l'écrire aussi simplement que me la conta Lefèvre. C'est en somme, l'odyssée, racontée par l ui-même, pour ainsi dire, d'un soldat de la Grande Guerre". L'ouvrage est daté "juillet 1916", au plus fort de la bataille de Verdun (perte du fort de Douaumont, février 1916), lutte terrible sur les rives de la Meuse, au Bois de Cumières et au Mort-Homme (mars 1916) perte de Cumières (mai 1916), bataille du fort de Vaux (mai-juin 1916), Thiaumont, etc. Ce n'est qu'en septembre 1916 que l'armée française reprend quelques avantages stratégiques. Bien évidemment, le récit de Mazé est très différent de celui que retrace Jacques Péricard dans Verdun 1914-1918 (1933), plus technique, plus précis dans les dates et les lieux, plus terrifiant dans l'évocation des pertes et des souffrances. Écrivant au coeur du conflit, Jules Mazé ne peut pas donner d'information s circonstanciées accentuant le côté effroyable et inhumain des combats ; n'ayant guère de recul, ignorant le bilan final et l'issue des événements (tout en prévoyant avec confiance la victoire française), il évoque surtout l'ambiance générale, à la fois t ragique et bon enfant, mais avec une note à dominante positive, soulignant la "gaieté" des soldats qui, jamais ne se départissent de leur entrain, de leur joie (p. 273), de leur courage, allant jusqu'au sacrifice le sourire aux lèvres. Le livre n'est pas étudié par Jean Norton Cru dans Témoins (1929). Il semble pourtant basé sur un véritable carnet de guerre, même si le récit a été enjolivé par Mazé. A l'approche du centenaire des événements qu'il relate, il pourrait intéresser un historien de la Grande guerre qui saurait en tirer une analyse détaillée. Mazé vivra encore le second conflit mondial. Entre 1939 et 1947, il publie des livres sur le XVIIIe siècle et la Révolution, loin de l'actualité. Rare cartonnage de guerre, non réédité ensuite. Bel exemplaire, aux ors repris.
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