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MEAULLE (Fortuné). Perdus dans la grande ville .

MEAULLE (Fortuné). Perdus dans la grande ville .

SKU : 9500486
350,00 €Prix
Tours, Alfred Mame et fils, 1891, gr. in-8 (30 x 21 cm), percaline rouge, premier plat décoré d'une composition noir, or et au palladium, représentant les deux héros Yvon et Kerven dans un champ, près d'une charrue, portant baluchon, saluant et contemplant la ville de Paris à l'horizon dans le soleil levant, second plat orné de motifs géométrique formant encadrement, dos portant sur toute sa hauteur un dessin en or, noir et au palladium représentant les deux héros portant toujours leurs baluchons en train d e descendre d'une fenêtre par une échelle (d'après la gravure de la p. 179), tr. dorées (A. Souze, graveur), 398-(2) pp. ¦Édition originale illustrée de 90 gravures in et hors-texte, et d'un frontispice, la plupart signées Ludovic MOUCHOT (1846-18 93), gravées par l'auteur, d'autres, documentaires, en réemploi, de diverses provenances (notamment signées Émile BAYARD, LANOS, etc.). Le premier plat a retenu l'attention de Thierry Duclerc, auteur d'une étude "Entre campagne et ville : la construction d'un modèle national pour l'école primaire française (1880-1970)" parue dans Les Manuels scolaires, miroirs de la nation ? (2007). En effet, elle illustre symboliquement son propos. Il la décrit ainsi : "Deux jeunes voyageurs se font face de part et d'au tre d'une charrue au soc enfoncé dans un labour ; le premier, juché sur un monticule de terre, désigne à son compagnon, comme pour le convaincre, la silhouette massive et monumentale d'une ville étendue dans la plaine sur la ligne d'horizon, au contre-jour d'un soleil couchant qui l'entoure de ses rayons. La gravure d'A. Souze, en noir et or sur fond de couverture rouge vif, joue sur les effets de contraste. Le mot PERDUS, dont les caractères doublent ceux de la suite du titre, se détachent nettement en hau t du tableau. La tonalité dramatique du roman de Fortuné Méaulle, Perdus dans la grande ville, est ainsi définie dès sa couverture : la ville tentatrice appelle de ses charmes la jeunesse des campagnes pour mieux la perdre". Ce roman "paraît remarquablem ent représentatif, dans la synthèse qu'il en fait, de toute une série de critiques portées par les discours scolaires contre la grande ville, ville mirage, ville perdition." Surtout quand il s'agit, ce qu'il faut bien préciser, de la ville de Paris ! En e ffet, les deux héros se rendent de leur Bretagne natale à Paris. Cheminant à pied, ils traversent et visitent une bonne moitié de la France, à la manière des héros de G. Bruno et de ses imitateurs, mais faisant en somme le chemin inverse décrit par G. Bonn efont dans Le Tour de France d'un petit Parisien (1885). L'ouvrage est une intéressante description des conditions sociales de la ville de Paris à la fin du XIXème siècle (les ateliers, les transports en omnibus, la misère, l'insécurité, la police...), à travers une fiction pleine d'aventures pittoresques ou dramatiques, où les deux jeunes Bretons en quête de travail, y rencontrent beaucoup de désillusions. Nous avions déjà présenté de l'auteur et illustrateur Fortuné Méaulle (1844-1905), L'Homme aux ye ux de verre écrit avec A. M. Rossi (Mame, 1892, cf. PH 77, également illustré par MOUCHOT). Méaulle est surtout connu comme le graveur de l'oeuvre de Victor Hugo. Cet aspect a été étudié par Valérie Sueur-Hermel dans "Fortuné Méaulle, interprète de Victor Hugo, ou la gravure sur bois au service du "choc des rayons et des ombres"" (Nouvelles de l'estampe n° 185-186, déc. 2002-fév. 2003). Méaulle illustra, et surtout grava, d'innombrables bois pour d'autres oeuvres, étant à la tête d'un atelier très actif. Il fut un virtuose de la gravure de très grande taille, et le seul artiste à avoir réalisé des oeuvres de plus d'un mètre de long en bois de bout, ce qui est exceptionnel. Il publia aussi plusieurs romans pour la jeunesse, d'abord chez Ducrocq (quatre tit res de 1887 à 1891, dont Le Robinson des airs, 1889), puis chez Mame, de 1891 à 1893 (quatre aussi, en ajoutant aux deux déjà cités : Délaissée et Le Testament du duc Job, en 1893 ; Méaulle a également gravé les bois de Joseph Blanc pour l'édition Ma me de Fabiola du cardinal Wiseman, en 1884, cf. PH 13/249). Ce graveur talentueux mériterait une monographie, souligne V. Sueur-Hermel. Les relations entre Méaulle et Mame ont été évoquées par Francis Ribemont, dans le catalogue de l'exposition Luc-Ol ivier Merson, L'Étrange monsieur Merson (Rennes, déc. 2008-mars 2009). En effet, Méaulle et Merson ont souvent travaillé ensemble pour Mame, à partir de 1878, et du Sainte Élisabeth de Hongrie de Montalembert (cf. PH 11/226). État parfait.
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