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MEUNIER (Stanislas) . Nos terrains .

MEUNIER (Stanislas) . Nos terrains .

SKU : 9500274
450,00 €Prix
Paris, Armand Colin & Cie, Éditeurs, 1898, in-8 (32 x 23 cm), percaline rouge, plats biseautés, premier plat orné d'un paysage imaginaire noir, or, bleu, vert (arbre avec racines stylisées, rochers, falaise au loin, bord de mer) dans un encadrement de motifs géologiques (fossiles, dont des ammonites, reliés par des petits cailloux, fragments de roche, cristaux), et de filets dorés, second plat orné du logo de l'éditeur à ses initiales AC, dos décoré de trois vignettes dorées représentant des fossiles (d'après les figures 111 et 143 , et, probablement, 126), tr. dorées (Engel, relieur), (2)-VI-XX-191-(1) pp., index. (H8)¦102 figures en couleurs réparties en XXIV planches h.-t., 320 figures en noir dessinées d'après nature par BIDEAULT, GUSMAN, JACQUEMIN, René-Victor MEUNIER (frère de l'auteur). Publié à l'origine en 27 livraisons, dont 24 accompagnées d'une planche chromolithographiée (dont une carte géologique de la France, pl. XVI ; on notera aussi, à la pl. XII, Minéraux divers, l'or natif d'Ardèche rehaussé de dorure), réunies au x étrennes 1898 sous une splendide reliure. Dans la même collection, étaient précédemment parus : Nos fleurs : plantes utiles et nuisibles par Mathieu Leclerc du Sablon (1892, nouv. ed. en 1896) et Nos bêtes (deux volumes : Animaux utiles, Animaux n uisibles) par le Dr. Henri Beauregard (1896-97), d'abord parus en livraisons. Tout comme Roland furieux de l'Arioste (PH 82), ce sont des ouvrages de luxe nécessitant un lourd investissement pour l'éditeur, qui le rentabilise sous plusieurs formes, d'ab ord en livraisons, puis en volume broché, enfin en volume relié, présentation qui ne concerne qu'une partie du tirage. Nous avons déjà présenté un ouvrage de Stanislas Meunier (1843-1925), professeur de géologie au Muséum (cf. La Terre qui tremble, 190 9, PH 101). Nos terrains accompagne un renouveau d'intérêt pédagogique pour la science géologique, qui était devenue une matière au programme des classes de 5ème, de seconde et de philosophie dans les lycées des années 1890. "À chaque nouveau terrain, à chaque nouvelle formation examinée viennent se joindre de nombreux exemples pris dans toutes les parties de la France. M. Stanislas Meunier, qui conduit depuis longtemps, avec un légitime succès, des excursions géologiques dans les diverses régions de not re pays, a fait une habile sélection de tout ce qu'il a vu" (La Revue scientifique, 1898, p. 754). Le critique de cette revue a rendu compte d'un exemplaire broché (qui coûtait la somme conséquente de 20 fr. or !) et il soulignait que la maison Colin av ait fait de remarquables efforts pour offrir ce volume dans une impression de qualité, avec une iconographie exceptionnellement riche, à la fois en noir et en couleurs (les 24 planches en chromolithographie, chiffre important pour l'époque, sont pour beauc oup dans le prix élevé du volume), mais il déplorait par contraste "qu'un aussi beau livre ne soit pas relié. Pourquoi les éditeurs", écrit-il, "ne feraient-ils pas les frais d'une couverture en toile souple, comme le font surtout les Américains et les Ang lais, cela coûterait relativement fort peu et l'acheteur ne demanderait pas mieux que de payer un supplément ; il serait bien inférieur à la somme qu'il est obligé de donner à son relieur". Cette petite remarque que nous citons in extenso est très révélatr ice : elle indique évidemment que l'exemplaire envoyé pour recension est dans le tirage broché et que l'auteur ne sait pas qu'il existe des exemplaires reliés, soit qu'ils n'aient pas encore été réalisés au moment de la recension, étant réservés pour le tirage des étrennes, soit que l'auteur n'ait pas eu l'information adéquate (les exemplaires reliés en toile étant effectivement proposés à 25 fr. or par l'éditeur). Ils n'auraient de toute manière pas été envoyés aux journalistes, puisque l'on pouvait leur f ournir des volumes ordinaires brochés, moins onéreux à réaliser. Cette remarque traduit bien le double statut de ces ouvrages : la plupart sont brochés, mais ils sont plus fragiles et doivent être reliés à grand frais ; les exemplaires reliés par l'éditeur en percaline décorée sont moins nombreux, leur reliure est sujette à l'usure. Dans les deux cas, les exemplaires survivants aujourd'hui sont rares et souvent abîmés. La remarque fait également état d'une comparaison avec l'étranger. Il était de notoriété établie que les éditeurs français étaient moins enclins à la production d'ouvrages reliés que leurs homologues anglo-saxons. Mais on constate que la demande en France existait et qu'elle était peut-être insuffisamment satisfaite. Tout cela explique en part ie à la fois le mépris ou l'indifférence dès l'origine autour de ces productions, et en conséquence leur rareté actuelle. Très bel état.
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