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MIALLIER (Marie) . Les Enfants de Louisette .

MIALLIER (Marie) . Les Enfants de Louisette .

SKU : 9500090
350,00 €Prix
Paris, Librairie Ducrocq, [1893], in-8 (26 x 21 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat noir et or, plusieurs vues : le Mont-Saint-Michel et sa jetée (dont la chaussée forme une large réserve dorée où s'inscrit le titre), le tirage au sort entre trois des enfants, Henriette, Marie, Yves (p. 135), Jacques dessinant d'après nature une machine (pp. 32-33), en bas Yves partant en barque vers l'îlot de Tombelaine (p. 74). Au second plat, fers noirs floraux aux angles et au centre, au dos motifs décoratifs en forme de papyrus noir et or, tr. dorées (A. Souze fils, graveur), (8)-244-(4) pp. ¦Édition originale illustrée de 87 compositions par Henri Bacon, H. Chapuis, Chovin, Léon Fauret, L. Leguey, Maitrejean, F. Méaulle, Mes, Ludovic Mouchot, A. Simon, Toussaint, H. Vogel, Paride Weber. Marie Miallier signe quatre livres chez Ducrocq. Sa carrière débute sous les meilleurs auspices : son premier livre est préfacé par Sully-Prudhomme (Tous les cinq, 1891) et le suivant par François Coppée ! (Louis et Louisette, 1892). Le troisième en est la suite et François Coppée y est d'ailleurs cité (pp. 134-135). Cet ouvrage présente quatre enfants dont les aspirations et talents divers, voire la désobéissance, n'épargnent pas des mésaventures qui auraient pu être tragiques, tels les déboires d'Yves en route vers l'îlot désert de Tombelaine, au large du Mont-Saint-Michel, où il fait naufrage, la marée lui interdisant tout retour. Blessé, cette escapade aurait pu tourner au drame, car l'enfant s'était bien gardé d'avertir ses proches... Cet épisode très réaliste a été remarqué par l'historien du rocher de Tombelaine, Robert Sinsoilliez, qui signale le livre de Marie Miallier dans sa monographie Tombelaine, l'îlot de la baie du Mont-Saint-Michel (2000). Les deux îlots sont distants de 2,8 km, mais Tombelaine est le plus grand (1200 m de pourtour contre 900 m) et le moins accessible. Il ajoute : « L'extrême rapidité de retour du flot surtout aux grandes marées, les plaques de sable vaseux ou le franchissement des fleuves côtiers, la Sée et la Sélune, présentent des dangers tels que des promeneurs inexpérimentés ne doivent pas s'aventurer seuls et sans tenir compte de l'heure des marées. La mer entoure l'îlot deux fois par jour ». Paul Féval a situé son roman La Fée des grèves en grande partie à Tombelaine. L'îlot a fait la une de l'actualité en 1892, car un personnage pittoresque qui s'intitulait le marquis de Tombelaine en fut l'habitant intermittent. Ancien condamné, pêcheur à la forte carrure, bonimenteur et passeur pour les touristes (avant la construction de la digue), il posait pour les photographes et avait attiré l'attention des journalistes. Il fut retrouvé mort en 1892, probablement surpris par la marée montante. Mlle Miallier donne son portrait (p. 87).Dans une fiche sur le quatrième de ces romans, Les Trois cousins de Rosette (1894, PH 21/405), on sinterrogeait sur la personnalité de lauteur, sur qui les renseignements sont incertains. D'après une notice de Jean Azaïs dans son Annuaire international des lettres (1922), elle serait Mme Miallier-Souvigny et aurait utilisé le pseudonyme de Jacques Souvigny. Sous ce nom ont été publiés neuf romans pour enfants chez Larousse puis Hachette de 1893 à 1905. La BNF dit que Jacques Souvigny est un ancien professeur né en 1837. Il s'agirait donc du mari ou du père de notre auteur. Dans la bibliographie de Marie Miallier, Azaïs cite trois romans parus chez Ducrocq, l'un sous le nom d'Olivier Darc (Les Malices de M. Jean, 1897) et les deux autres sous le nom de Rémy-Allier (Retrouvée ! 1896, PH 27/519, Le Vœu de Madeleine, 1897, PH 34/650). Seraient-ce deux autres pseudonymes de notre auteur ? Pour le second, c'est probable : Rémy-Allier est en effet une anagramme approximative de Miallier. Une autre source (Christian Amalvi, Les Héros de l'Histoire de France, 1979) assure que Mlle Miallier-Souvigny aurait utilisé le pseudonyme de Gauthier-Deschamps pour signer un ouvrage pédagogique, Petits tableaux d'histoire de France par l'image, classes enfantines (Hachette). Or, "Gauthier et Deschamps" sont les auteurs (dont on ne sait rien, ni leurs qualités, ni leurs prénoms) de manuels d'histoire très illustrés parus chez Hachette à partir de 1904 ("d'esprit radical" précise Amalvi), dont le fameux Cours élémentaire d'histoire de France, massivement diffusé avant 1914 (660e mille en 1912 !). Mlle Miallier serait-elle professeur ? Il est avéré que celle-ci a aussi utilisé le pseudonyme de Tom-Typ pour signer des ouvrages d'une série Pour les petits, chez Hachette (cinq titres), dont Bob et Lili apprennent l'histoire de France (1903), ce qui rejoindrait la spécialité de Gauthier et Deschamps et corroborerait cette attribution... Cet exemple permet de souligner la difficulté à cerner la carrière et même la personnalité de certains auteurs bien oubliés de livres à plat historié, qui ont eu pourtant une carrière et une influence non négligeables. Les quatre livres de Mlle Miallier paraissent dans la « collection Desbeaux » de léditeur Ducrocq, à visée pédagogique et récréative, avec des œuvres de Maurice Barr (Mémoires dune poule noire, 1882, PH 22/412), Paul Combes (La Roselière, 1886, PH 35/653), Sixte Delorme (Le Tambour de Wattignies (1888, PH 08/153), Édouard-Decaudin Labesse et Henry Pierret (Autour des Puys (Notre pays de France), 1887, PH 10/200 Fleur des Alpes, 1891, PH 30/571 Le Roi du biniou, 1893, PH 21/403 Voyage de famille, 1894, PH 23/441), Fortuné Méaulle (Le Petit amiral (1890, PH 20/389 Le Robinson des airs, 1889, PH 16/313), série caractérisée par son dos au papyrus et son format, qui sera imité par léditeur Jouvet (livres de Léon Manesse, La Veillée au pays breton (1887, PH 11/225), Charles-Émile Matthis, Les Deux Gaspards (1887, PH 38/705), Charles Frémine, La Chanson du pays normand (1893, PH 06/114), Ernest dHervilly, Les Chasseurs dédredons (1896, PH 05/092), etc.).Ce plat historié est lun des rares travaux de Souze fils. Il est très richement décoré, avec pas moins de quatre scènes représentées.Très bel exemplaire.
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