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MIALLIER (Marie) . Les Trois cousins de Rosette .

MIALLIER (Marie) . Les Trois cousins de Rosette .

SKU : 9500896
350,00 €Prix
Paris, Librairie Ducrocq, [1894], in-8 (26 x 21 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat noir, or et argent, partie de crocket entre les trois cousins (Louis, Pierre et Marcel), et Rosette (frontispice et chap. I). Au second plat, fers noirs floraux aux angles et au centre, au dos motifs décoratifs en forme de papyrus noir et or, tr. dorées (A. Lachtchiver, graveur), 262-(2) pp. ¦Édition originale illustrée de 80 [en fait 93] compositions, dessins et gravures de Pierre GUSMAN. Le quatrième ouvrage q ue signe Marie Miallier chez Ducrocq présente les mêmes caractéristiques que les précédents, parus depuis 1891, décrivant les jeux et les apprentissages d'un groupe d'enfants, pour éduquer le lecteur en l'amusant, suivant la formule inaugurée par Émile Des beaux, auteur des Pourquoi de Mademoiselle Suzanne et de ses suites, déclinée par tous les auteurs de cette collection (Delorme, Labesse et Pierret, Méaulle). L'éditeur annonce un cinquième volume de Mlle Miallier, P'tit frère Yvon, qui ne verra pas le jour. En effet, pour une raison inconnue, les ouvrages suivants de Marie Miallier seront signés de différents pseudonymes, d'abord Jacques Souvigny (chez Larousse, Firmin-Didot, Hatier, Hachette, de 1893 à 1905, 9 titres), puis Rémy-Allier (Ducrocq, 1896- 97, 2 titres), peut-être Olivier Darc (Ducrocq, 1895-97), enfin Tom-Typ (Hachette, 1902-1903, 5 titres), avant d'utiliser le double nom de Gauthier et Deschamps pour une série de Cours d'histoire de France de différents niveaux (préparatoire, élémentaire , moyen, supérieur), des petits livres mêlant textes courts et images abondantes qui furent diffusés à des centaines de milliers d'exemplaires dans les écoles primaires avant 1914. Sully-Prudhomme écrivait, en préface au premier livre de Marie Miallier : "Ah ! l'idéal de l'éducation, celui que vous poursuivez, est assurément d'élever l'enfant en l'amusant, de capter, de diriger, à son profit, son attention spontanée, sa curiosité naturelle sans cesse en éveil (...) L'efficacité des leçons de choses tient p récisément à ce qu'on lui rend indiscernable dans sa libre curiosité ce qui l'instruit de ce qui l'amuse ; au lieu de lui imposer on lui propose des objets d'étude, et, par un tact qui est l'essence même de la vocation pédagogique, le maître proportionne l 'offre à la demande." C'est l'art de l'auteur qui, dans son récit, mêle une fiction ludique à des éléments d'histoire (César, Attila, Du Guesclin, etc.), de langue française et de grammaire (de Clément Marot à Boileau), de littérature (Corneille, La Fonta ine, Victor Hugo, etc.), de physique ou de botanique, un cours qui ne dit pas son nom et se présente de manière amusante, comme en se jouant. A la fin, la fiction devient grave lorsque le père des trois cousins, capitaine de frégate en Indochine, annonce s on rapatriement après une blessure qui lui a coûté une jambe. L'ombre de Jules Verne plane sur le récit, quand Rosette dit : "Moi, je trouvais toutes ses histoires très belles ! Le pays des fourrures, le tour du monde, les voyages de ceci, les voyages de cela, parce que je croyais qu'il avait parcouru tous les pays, assisté à tous les combats et guet-apens qu'il dépeint ; mais l'oncle m'a dit : "Non, Jules Verne ne voyage pas ; il compose ses livres chez lui, dans son cabinet, une carte sous les yeux ; il a beaucoup de talent car toutes ses inventions sont très vraisemblables." (...) Depuis que je sais ça, je ne l'aime plus !" Cette réaction enfantine met en évidence deux types de lecteurs : ceux qui se laissent bercer par la fiction, et ceux qui préfèrent lire des histoires vraies. L'art du pédagogue, selon Marie Miallier, est de concilier les deux. Fils du graveur et illustrateur Adolphe Gusman (1821-1905), Pierre GUSMAN (1862-1942), graveur, dessinateur et poète, a écrit des livres sur Venise, Rome et P ompéi. Fondateur, en 1911 avec Lepère, de la Société de la gravure sur bois originale, il est historien de la gravure sur bois à travers livres (La Gravure sur bois et d'épargne sur métal, du XIVe au XXe siècle, Roger et Chernoviz, 1916 ; La Gravure sur bois en France au XIXe siècle, A. Morancé, 1929, etc.) et articles (entre autres pour la revue Byblis qu'il dirige de 1921 à 1931). Il a créé la revue Le Livre et l'estampe en 1923. Pour Ducrocq, il a également travaillé à la gravure du livre de Labe sse et Pierret, Notre pays de France. Voyage de famille (région des Cévennes), avec F. Méaulle (1894). Bel exemplaire.
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