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MICHAUD (Joseph). Histoire des Croisades .

MICHAUD (Joseph). Histoire des Croisades .

SKU : 9501154
1 500,00 €Prix
Paris, Furne, Jouvet et Cie, éditeurs, 1877, 2 vol. in-folio (44 x 33 cm), percaline rouge. Au premier plat, à l'or, large encadrement décoratif formant réserve contenant un grand motif cruciforme composé de quatre blasons entrecroisés superposés à deux épées et une palme, une croix séparant les blasons (Pierre d'Alençon, 1270, en haut à gauche ; Hervé de Léon, 1096, en haut à droite ; Gérard de Ridefort, 1188, en bas à droite, le dernier non identifié), croissants aux angles, encadrement de motifs en arabesque, croix dans des réserves ovales en écoinçons, et rinceaux en encadrement extérieur. Au second plat, reprise du motif cruciforme doré au centre d'un encadrement de filets à froid, caissons dorés au dos, tr. non rognées, (4)-424 et (4)-376 pp. ¦Édition illustrée de cent grandes compositions par Gustave Doré, ici en premier tirage, gravées par Bellenger, Doms, Gusman, Jonnard, Pannemaker, Pisan, Quesnel. Portrait de Michaud (1767-1839) en page de titre du tome I, dessiné par H. Rousseau, gravé par E. Thomas. Portrait de Gustave Doré en page de titre du tome II, gravé par E. Thomas. Le livre de Michaud a eu de nombreuses éditions au XIXe siècle. Nous en avons déjà présenté une, abrégée pour la jeunesse, au format gr. in-8, publiée chez Mame en 1882 (PH 13/245). L'édition illustrée par Gustave Doré est sans commune mesure avec toutes les précédentes, par son luxe, sa magnificence, son format. Ce livre fait partie de la série des grands in-folio illustrés par Doré, qui comprend La Sainte Bible, les ?uvres de Rabelais (1873, PH 2/46), L'Espagne du baron Davillier (1874, PH 10/195), Londres de Louis Énault (1876, PH 11/218), Roland furieux de l'Arioste (1888, PH 5/82). "En remettant en honneur le Moyen Age le romantisme attirait l'attention des historiens et des a rtistes sur la croisade regardée comme un moment privilégié de l'histoire de France, dit Paul Rousset (La Croisade, histoire d'une idéologie, 1983). Chateaubriand contribua à cette renaissance de l'intérêt pour l'époque médiévale avec le Génie du christianisme (1816) dans lequel il affirme qu'"il n'y a dans les temps modernes que deux beaux sujets épiques : les croisades et la découverte du Nouveau Monde" ; (...) La création par Louis-Philippe du Musée d'histoire à Versailles avec une "salle des croisades" contribua à intéresser les artistes aux expéditions de Terre Sainte ; ainsi Delacroix, répondant à une commande royale, peignit en 1841 une grande toile, Entrée des croisés dans Constantinople. À cette date, les croisades étaient entrées dans le domaine de l'histoire scientifique grâce à J. F. Michaud qui, dans les années 1812-1822, avait publié son Histoire des croisades en trois volumes et, en 1829, la Bibliothèque des croisades ; à l'aide de ces ouvrages le public cultivé et les artistes dispos aient désormais de textes offrant une vision claire des événements de Terre Sainte. En 1877 Gustave Doré donnait à l'Histoire des croisades de Michaud un éclat nouveau par une édition illustrée de cent gravures à pleine page ; fidèle au récit de l'historien français Doré représentait dans des paysages désolés les batailles, les cavaliers au combat, les prêtres encourageant les guerriers, les prodiges, le luxe oriental, les troubadours ; une imagerie des croisades était née qui allait fixer dans les esprits et dans les sensibilités le souvenir du "passage Outre-mer". La revue Le Correspondant (25 déc. 1876) a consacré une longue analyse à ce livre : "Pour donner à son livre, "à la fois le mérite de l'exactitude et la couleur poétique des vieux siècles," dit M. Mignet, Michaud visita tous les lieux illustrés par les croisés. Il avait lu et commenté tous les chroniqueurs français et étrangers, sans oublier les chroniqueurs arabes ; il voulut encore voir par lui-même, et dès lors ce qui lui avait paru obscur s'éclaircit : "Il y a des événements, dit-il, dont je suis devenu comme le témoin oculaire ; les sièges, les batailles m'ont paru plus faciles à décrire. J'ai mieux apprécié l'héroïsme des croisés, et je me suis mieux expliqué leurs périls, leurs misères et leurs revers..." Au point de vue de l'érudition et du style l'Histoire des Croisades est considéré comme une ?uvre monumentale, et à ce titre, elle réclamait des illustrations spéciales. Aucun artiste ne semblait plus apte à ce genre de travail que Gustave Doré. Pour cette ?uvre, le grand artiste a dessiné avec une étonnante précision les intérieurs gothiques du moyen âge, les splendeurs orientales, les paysages sévères ou grandioses de la Palestine et de l'Égypte. Ici, des mêlées pittoresques, là, un massacre dans une mosquée. Un frais paysage, une halte près d'une fontaine contrastent avec ces scènes d'horreur et de carnage. On dirait que l'artiste a vécu du temps de ces chevaliers, tant il les connaît bien. (...) On dit que Gustave Doré, en étudiant l'histoire de Michaud, avait trouvé quatre cents sujets dignes de son crayon ; il n'en a traité que cent, choisis parmi les plus séduisants et les plus dramatiques, et dont il a fait autant d'émouvants tableaux. Il faudrait presque citer et décrire chacune de ces belles compositions, où la puissance, la grâce, la science du détail, les qualités les plus attachantes et les plus variées, se font admirer tour à tour (...) A un autre point de vue, ajoute Le Correspondant, cette publication ne manque pas d'opportunité. La France abattue reporte avec orgueil et consolation sa pensée vers ces époques d'héroïsme et de foi, où les nations chrétiennes ne songeaient pas encore à se déchirer entre elles. Et si le temps des expéditions chevaleresques est passé, la nation vaillante et généreuse qui fut la grande ouvrière des Croisades n'a peut-être pas dit son dernier mot dans le monde ; peut-être le livre éblouissant où sont écrits les Gesta Dei per Francos n'est-il pas fermé sans retour !" "Gustave Doré a dessiné avec un relief remarquable et une étonnante vigueur, non seulement les intérieurs du moyen âge, mais encore les scènes les plus gracieuses comme les tableaux les plus sinistres" résume Leblanc (Catalogue complet de l'?uvre de Gustave Doré, p. 240). Superbes et impressionnants in-folio en excellent état.
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