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MICHELET (Jules) . Jeanne d'Arc (1412-1432) .

MICHELET (Jules) . Jeanne d'Arc (1412-1432) .

SKU : 9501199
900,00 €Prix
Paris, Librairie Hachette et Cie, 1888, in-8 (25 x 18 cm), chagrin marron. Au premier plat, décor entièrement doré, au centre blason royal sur les motifs de celui de Jeanne (écu aux trois fleurs-de-lys sur l'épée de Jeanne traversant une couronne, deux lys de part et d'autre), sur fond de léopards transpercés d'une épée et de flammes en quinconce (symboles de l'envahisseur anglais et du bûcher), aux angles quatre blasons royaux estampés de gueules et d'argent (du haut en bas et de gauche à droite : villes d'Orléans, Paris, Rouen, Reims) sur un damier, sur les montants quatre blasons des compagnons de Jeanne sur des feuilles de palme (le Bâtard d'Orléans, La Hire, Gilles de Rais et Richemont), au centre deux cercles solaires portant les noms de Jésus et de Maria (devise inscrite sur l'étendard de Jeanne), en haut le nom de l'auteur sur un damier, en bas le nom de l'éditeur dans un cartouche entre deux motifs floraux. Second plat identique, au dos, reprise d'éléments du plat (en haut, nom de l'auteur sur un fond en damier , au milieu, blason royal sur les motifs du blason de Jeanne, en bas, nom de l'éditeur sur fond à damier), tr. dorées, (6)-IX-(3)-168-(6) pp. ¦Première édition illustrée de dix eaux-fortes de Boilvin, Boulard, Champollion, Courtry, Géry-Bichard, Milius et Monziès d'après les dessins de Bida. L'édition originale de ce livre a été publiée en 1853 dans la célèbre Bibliothèque des chemins de fer (2e série), qui venait d'être créée par Hachette (1852). L'ouvrage a été réédité dans la même collection jusqu'e n 1869 et dans le même format en 1873 et 1879 (collection Bibliothèque variée). Il était d'abord paru dans le tome V de l'Histoire de France, en 1841 (Hachette), sous une forme plus développée et surtout intégrée à un contexte historique plus large. L 'édition de 1853 débute au chapitre III de la version de 1841 (p. 45), en reformulant le premier paragraphe. Les onze derniers paragraphes du chapitre IV de la version de 1841 (pp. 176-180) sont supprimés dans l'édition de 1853. De ce fait, la formulation de Jeanne désignée comme "cette énigme vivante" dans l'édition de 1841 (que Claude Foucart emprunte comme titre d'un article dans les Cahiers de recherches médiévales en 2004) disparaît dans la version de 1853. Cet article étudie finement la position qu e Michelet défend dans son livre et situe le discours sur Jeanne d'Arc au cours du XIXe siècle, l'héroïne étant revendiquée par les diverses factions idéologiques, politiques et religieuses, qui se reconfigurent en fonction de l'évolution générale (sous la monarchie, puis sous la république à la fin du siècle). "Michelet parle de "cette vivante énigme". Et il s'efforcera avec beaucoup de subtilité de donner une consistance à "cette mystérieuse créature", tout comme les peintres qui ont tracé, au cours des temps, un portrait de la Pucelle soumis à ce que Régine Pernoud appelle les "divers avatars d'ailleurs très révélateurs de la mentalité générale" (...). Plus le siècle avance, plus s'affirme une vision politique du mythe de Jeanne d'Arc qui n'a plus rien à voir avec le combat historique de la jeune fille, mais qui se résume à la découverte d'un emblème au service d'une cause, celle d'une France qui remet en cause toute l'évolution de la Nation depuis la Révolution française." "Et au centre de cette analyse , poursuit Claude Foucart, ce n'est point une certaine conception du passé religieux qui s'impose à l'historien, mais bien la description d'une vision de la France qui devra servir de modèle à la nation moderne dans la mesure où justement le peuple est au centre des réflexions de Michelet sur Jeanne d'Arc." Nous avons déjà présenté, de l'historien Jules Michelet (1798-1874) deux de ses livres naturalistes coécrits avec sa femme, Athénaïs Mialaret (1826-1899), que Hachette publie en plat historié en 1876 ( L'Insecte, PH 25/500) et 1881 (L'Oiseau, PH 29/557). La première édition illustrée qui est faite de Jeanne d'Arc, en 1888, est présentée dans une reliure exceptionnelle. Délaissant la percaline, l'éditeur choisit un chagrin et l'estampe avec un luxe rare. Le plat historié ne lésine pas sur la dorure et les symboles héraldiques. Il est vrai que, venant après une série de livres à plat historié johanniques, tous plus luxueux les uns que les autres (Henri Wallon, Jeanne d'Arc, Firmin-Didot, 1877, PH 5 /104 ; Frédéric Godefroy, La Mission de Jeanne d'Arc, Reichel, 1878, PH 19/371 ; Marius Sepet, Jeanne d'Arc, Mame, 1885, d'un style figuratif), l'éditeur devait se surpasser, d'autant qu'il présentait un livre de dimension plus modeste que ses confrère s précédemment cités. Le luxe de cette plaque annonce d'une certaine manière la plaque que Souze fils a réalisée pour une nouvelle édition du livre de Sepet publiée par Mame en 1894 (PH 13/254), à la fois architecturale et figurative. Exemplaire superbe dans une reliure d'une remarquable originalité.
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