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MILLAUD (Albert) . La Comédie du jour sous la République athénienne .

MILLAUD (Albert) . La Comédie du jour sous la République athénienne .

SKU : 9500102
500,00 €Prix
Paris, Plon, nov. 1886, gr. in-8 (28 x 21 cm), percaline grise, bords biseautés. Premier plat orné d'une composition reprenant celle de la page de titre, un dessin au trait noir représentant une tribune occupée par un orateur athénien dont la toge est tirée par un spectateur, titre en noir et doré en travers, les noms d'auteur et d'illustrateur en lettres évidées soulignées en doré. Second plat orné d'un médaillon décoratif ovale, dos orné de filets et du titre dorés, tr. dorées (A. Souze, graveur , Engel, rel.), VIII-388-(4) pp. ¦Édition originale illustrée de près de 400 dessins par CARAN D'ACHE. Albert Millaud (1844-1892) était le fils de Polydore Millaud, le fondateur du Petit Journal en 1863. Il fit carrière comme journaliste au Figaro, et reste connu comme auteur dramatique et librettiste pour Jacques Offenbach (pour qui il écrit le livret de l'opéra-bouffe Madame l'Archiduc en 1874 puis celui de l'opéra-comique La Créole en 1875 ; il est aussi l'auteur en 1883, avec Henry Meilhac, de la comédie-vaudeville Mam'zelle Nitouche, qui donna lieu à un film en 1949 avec Fernandel). Ses Physiologies parisiennes d'abord publiées dans Le Figaro furent célèbres en leur temps. Elles parurent en 1887, également illustrées par CARAN d'ACHE, et firent l'objet d'un volume à plat historié à la Librairie illustrée. A. Millaud "s'était acquis dans les colonnes du Figaro, au succès duquel peu de collaborateurs ont contribué plus que lui", dit Le Correspondant (1892), "une réputation bien mérit ée d'homme d'esprit et d'écrivain satirique plein de malice, mais sans méchanceté. Il était spirituel et mordant aussi bien en vers qu'en prose, et sous ses divers pseudonymes, - Labruyère, le baron Grimm, - autant que sous son propre nom. Sa Petite Némés is, ses Petites comédies politiques, sa Comédie du jour sous la République athénienne, ses portraits, ses dialogues, ses croquis parlementaires, forment une série de chroniques amusantes, pleines d'une verve parisienne et boulevardière, où se déroule l'histoire, ou plutôt l'historiette au jour le jour de la troisième République. C'est quelque chose comme un pendant, par la plume, aux Représentants en vacances et à L'Assemblée comique de Cham." "Les auteurs n'ont rien respecté," dit la Bibliothèqu e universelle et Revue suisse, "ni la partie de bouchon de M. Grévy, ni le conseil municipal dont Paris est fier, ni Coquelin ni Sarcey. Ils n'ont rien respecté du tout, mais leur satire est gaie et sans fiel. On rit de bon coeur." L'auteur justifie son entreprise : "Tout cela passera, s'oubliera, s'effacera comme des articles de journaux écrits au jour le jour. Il serait peut-être, sinon sage, du moins pittoresque, de grouper toutes les scènes de cette comédie dans un volume et de laisser un document de plus à nos neveux. En ajoutant à un texte plus malicieux que méchant, plus épigrammatique que satirique, l'appui d'un crayon aimable, qui sait si, dans quelques années, ce livre ne sera pas consulté par les historiens futurs, comme un vestige d'une époque curieuse, promptement écoulée et rapidement effacée ?" Aujourd'hui, les allusions à l'actualité ont en effet un peu perdu de leur saveur, mais il reste un ouvrage littéralement rempli de croquis et de caricatures du dessinateur CARAN d'ACHE (1858-1909), d ont le talent éclate à toutes les pages. Caran d'Ache excellait dans les séquences de dessins, légendés ou non, sortes de bandes dessinées avant la lettre publiées à grandes pages dans la presse, qui ont été ensuite réunies en albums. Il fut également ill ustrateur de livres et collabora au Théâtre d'ombres du cabaret Le Chat Noir. Son dessin le plus célèbre est publié lors de l'affaire Dreyfus : "Ils en ont parlé" (1898), montre en deux cases les perturbations causées par l'affaire jusqu'au coeur des dîner s de famille ! Caran d'Ache, un artiste peu étudié par les historiens et les chercheurs, révèle tout au long de son oeuvre un extraordinaire sens du mouvement et de la gestuelle de ses personnages, dans des mises en scène (ou en image) épurées de toute fio riture, ce qui leur confère une force de conviction étonnante. On imagine sans peine que la technique du dessin animé aurait été un remarquable outil entre ses mains. Comme le pressentait son auteur, l'ouvrage est aujourd'hui regardé comme un témoignage s ur l'histoire sociale, politique et culturelle de la fin du siècle. Il avait par exemple été retenu pour figurer dans l'exposition La France de 1886 : centenaire de la bibliothèque Forney, 1er mars-3 mai 1986. Exemplaire parfait.
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