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MONTEIL (Edgar). Jean-le-Conquérant .

MONTEIL (Edgar). Jean-le-Conquérant .

SKU : 9500030
300,00 €Prix
Paris, C. Marpon et E. Flammarion, éditeurs, [1888], gr. in-8 (28 x 19 cm), percaline rouge. Premier plat polychrome représentant Jean et Mingassou en costume de matelot, tenant un drapeau français, à l'arrière-plan un temple indochinois et le brick-goélette La Victoire (d'après l'ill. de la p. 375), dans un encadrement de motifs géométriques. Second plat orné de filets noirs et d'un fer central, dos orné de caissons dorés aux petits fers, tr. dorées (Gillot, graveur, Magnier et ses fils, relieurs), 422-( 2) pp. ¦Édition originale illustrée par Louis MONTÉGUT. L'illustrateur Louis Antoine MONTÉGUT (1855-1906) était cousin d'Alphonse Daudet. Il a illustré ses oeuvres complètes et de nombreux ouvrages séparés, dont, en plat historié, La Belle Nivernaise (1886, cf. IN 15), chez Marpon et Flammarion. Edgar Monteil (1845-1926), homme politique et romancier pour la jeunesse, fut secrétaire de Delescluze sous la Commune, ce qui lui valut un an de prison. De nouveau condamné pour Histoire d'un frère ignoranti n (1873), il se réfugia en Suisse où il publia le Catéchisme d'un libre-penseur (1877). De retour en France (1879), il publia ses Souvenirs de la Commune (1883), ainsi que plusieurs études sociales ou historiques, et fut préfet de la Creuse en 1888-90 et en 1898, puis préfet de la Haute-Vienne jusqu'en 1904, ce qui devait lui laisser quelques loisirs, puisqu'il se mit à publier, à partir de 1888, des romans pour la jeunesse, chez Quantin (François François, 1888), Charavay, Mantoux, Martin (Histoire du célèbre Pépé, 1891 ; Le Roi Boubou, 1892, etc., cf. article de J.-J. Couderc, Bulletin du Centre de documentation des livres à plat historié n° 4, 2008), Jouvet (Mémoires de jeunesse de Benjamin Canasson, notaire, 1897), Flammarion. Jean-le-Co nquérant s'inspire des récentes campagnes militaires françaises en Indochine, racontées par la suite en plat historié par Émile Duboc dans 35 mois de campagne en Chine, au Tonkin (1898, cf. PH 155) et par Maurice Loir dans L'Escadre de l'amiral Courbet (1894, cf. PH 94). Le roman est antérieur à ces souvenirs historiques, et traite la campagne sur le mode léger, à la fois patriotique et héroï-comique. La vocation patriotique et coloniale de l'ouvrage est bien soulignée par la chronique des livres d'ét rennes dans Le Livre d'Octave Uzanne (1888) : "L'auteur, dont le grand talent a toujours été reconnu par tout le monde, a su l'assouplir à la manière neutre qu'exige le livre destiné à la jeunesse, et jamais livre d'étrennes n'a été plus gai, plus verveu x, plus enlevé que Jean-le-Conquérant. Ce livre est d'un genre entièrement nouveau ; il se lie à l'histoire de notre empire colonial dont il raconte une des plus récentes conquêtes ; il apprend aux jeunes gens, en les intéressant au suprême degré, commen t on rend sa patrie plus grande et plus riche." De fait, la politique coloniale française prend un nouveau tournant au cours des années 1880, et l'expansion coloniale est relancée. C'est ce phénomène qui est immédiatement répercuté dans des livres d'étren nes du type Jean-le-Conquérant, écrit par un auteur ayant des responsabilités politiques officielles, qui l'amènent à s'impliquer dans la vulgarisation de cette expansion, présentée sous un jour distrayant propre à séduire le jeune lectorat, et éventuell ement à susciter des vocations. La littérature patriotique et coloniale va en effet se développer considérablement au cours des années 1890, ce qui n'était pas une tendance très marquée auparavant, notamment dans les livres à plat historié, qui vont désorm ais fréquemment arborer les couleurs du drapeau sur leur couverture et mettre en scène des héros militaires. L'oeuvre de Paul d'Ivoi, en particulier, sera une des premières à développer systématiquement cette tendance, qui était notoirement absente chez le s écrivains de la génération précédente comme Jules Verne. Le Sergent Simplet à travers les colonies françaises de Paul d'Ivoi (1895, cf. PH 237-2) est emblématique de cette tendance, à l'oeuvre dès l'ouvrage de Gaston Bonnefont, Aventures de six França is aux colonies (1890, cf. PH54), qui présente sur son plat historié quasiment les mêmes éléments que Jean-le-Conquérant : un drapeau français, deux personnages (dont un marin) à son pied et un navire à l'arrière-plan ! Si l'action coloniale française en Afrique et ses répercussions dans la littérature populaire et juvénile a été bien étudiée (par J.-M. Seillan, dans Aux sources du roman colonial : l'Afrique à la fin du XIXème siècle, 2006), nous ne disposons pas d'études équivalentes pour l'Asie. Il est à souhaiter que ce sujet tente un jeune chercheur qui trouvera un matériau de choix dans les livres à plat historié de cette période. Rousseurs. Reliure à l'état de neuf.
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