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MORIN (Louis). Le Cabaret du puits sans vin .

MORIN (Louis). Le Cabaret du puits sans vin .

SKU : 9500996
650,00 €Prix
Paris, Librairie Ch. Delagrave, [1891], in-8 (25 x 20 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat, noir et or, le capitaine Jacquot, soldat manchot et unijambiste devenu cabaretier, en costume (à fraise) du XVIe siècle, sur fond de feuilles de vigne. Au second plat, logo noir de l'éditeur, au dos, le héros, de face, en tablier d'aubergiste, levant son verre (cul-de-lampe p. 23), tr. dorées, (6)-209-(1) pp. ¦Nouvelle édition illustrée par l'auteur de 8 hors-texte en couleurs et de 118 dessins in-texte, têtes de chapitre et culs-de-lampe. Première édition à la Librairie illustrée en 1885, en format in-12 (21 x 14 cm), avec un décor historié différent et 95 dessins. Destiné aux jeunes lycéens, selon Philippe Kaenel (Le Métier d'illustrateur, 1996), ce livre fait partie d'une trilogie d'Histoires d'autrefois, avec Jeannik (1885) et Les Amours de Gilles (1889). "C'est l'histoire curieuse d'une famille d'hosteliers du XVIe siècle à nos jours. Le texte est égayé de nombreux dessins très prestement enlevés et pleins d'esprit. L'éditeur a eu la fantaisie d'en faire colorier une grande partie au patron, et, chose incroyable, ces vignettes en couleur sont aussi belles d'aspect, sinon plus fines que les plus étonnantes chromotypographies dont on a fait tant de bruit. Peut-être, après avoir tant cherché la perfection dans la typographie à repère, reviendra-t-on aux procédés primitifs qui ont bien leur charme. Pour moi, j'avoue qu'il n'est pas de procédé en couleur qui me donne la sensation inexprimable d'une naïve gravure d'Épinal. L'éditeur du Cabaret du puits-sans-vin a fait là, sans malice sans doute, une bien singulière démonstration", dit Octave Uzanne, fin connaisseur des procédés techniques doublé d'un bibliophile averti (Le Livre, 1886). A la fois artiste et écrivain revendiquant ce double statut, Louis Morin (1855-1938) aurait pu figurer dans l'article de Léon Barracand consacré aux "Dessinateurs écrivains", Rodolphe Töppfer, Albert Robida, Gustave Fraipont (PH 17/329) et Gaston Vuillier, dans sa "Causerie littéraire" de la Revue bleue (1896). Morin "fait partie de la cohorte des oubliés de l'historiographie récente", dit Kaenel. Il a pourtant été reconnu en son temps comme une référence dans sa spécialité, et a fait l'objet de nombreux articles dans les revues d'art (comme L'Art et l'idée, 1892, Le Pinceau, 1899, The Studio, 1900, Art et décoration, 1912, etc.), et dans les livres de référence ultérieurs (comme Hesse, Les Artistes du livre, 1930, Carteret, Le Trésor du bibliophile, vol. 3 à 5, 1947-48, Södeberg, French Book illustrators, 1977), ce qui est loin d'être le cas de nombre de ses confrères, plus obscurs. Il débute en 1880 à La Caricature de Robida, chez l'éditeur Decaux, qui lui confie l'illustration de livres, "et, presque sans transition, il s'improvisa auteur-dessinateur, réalisant le bel idéal de l'artiste libre par la plume et le crayon" (Octave Uzanne). "Morin rédige en effet dès 1885 une série d'ouvrages souvent illustrés par le procédé Gillot. Dans les années 1890, il fait partie de l'équipe du cabaret Le Chat noir (Steinlen, Robida, Willette ou Caran d'Ache), de ce milieu montmartrois dont il deviendra un des hérauts (...). Il pratique la lithographie, l'eau-forte, et fait largement usage des procédés photomécaniques et de la couleur (...). De plus, Morin dispose d'un certain capital littéraire qu'il va utiliser de manière combative pour défendre sa conception de l'illustration originale. En effet, primé par l'Académie française pour un livre dont il exécute les dessins coloriés au patron [le présent livre], auteur d'un ouvrage, Les Dimanches parisiens (Conquet, 1894), qui aura l'honneur d'être illustré d'eaux-fortes par l'un des rares artistes respectés dans tous les milieux, le xylographe Auguste Lepère, Morin est également l'auteur d'une étude publiée à New York chez Scribner's et intitulée French Illustrators (1893). Mais surtout, dès 1900, il prend en charge la revue bibliophilique du journal L'OEuvre et l'image." (Kaenel). Considéré comme un maître par ses pairs, il est également un des fondateurs de la Société des dessinateurs humoristes, avec Charles Léandre (1904). On joint un dessin original de Louis Morin, extrait d'une autre publication, non identifiée, dont il illustre le chapitre IX, intitulé Grégoire, marqué Feuillet 95. Bel exemplaire, peu courant.
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