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MOTTA (Luigi) . La Princesse des roses .

MOTTA (Luigi) . La Princesse des roses .

SKU : 9500680
750,00 €Prix
Paris, Librairie Ch. Delagrave, [1918], gr. in-8 (30,5 x 21,5 cm), percaline gris souris. Premier plat polychrome représentant la nacelle d'un aéronef futuriste (le Jadarcant) occupée par six passagers, lors d'une scène dramatique où un corps est jeté à la mer dans un linceul lesté de plomb (d'après l'ill. p. 41, et le texte pp. 43-44). Second plat muet, au dos portrait de Velléda, la princesse des roses (d'après l'ill. p. 5), tête dorée, 302-(2) pp. ¦Traduction française illustrée de 23 dessins par Gennaro AMATO don t 17 à pleine page, dans un cartonnage identique à l'édition de 1914 (à bords biseautés). Ce roman est le troisième de l'auteur publié par Delagrave en cartonnage polychrome, après Le Dominateur de la Malaisie (1911, PH 2/44), L'Eau tournoyante (1913) et avant Des flammes sur le Bosphore (1915, PH 8/163). Ces éditions prenaient la suite des romans d'aventures d'Emilio Salgari, quatorze titres publiées chez le même éditeur entre 1901 et 1912. Ce n'est pas un hasard quand on sait que Luigi Motta (1881- 1955) fut le plus fidèle disciple de Salgari (1862-1911), surnommé le "Jules Verne italien". "Homme de métier habile," dit Felice Pozzo, un spécialiste de Motta, il "savait se débrouiller dans le double rôle de successeur de Verne et de Salgari, mélangean t à justes doses l'exotisme et la science". Il le montra dans plusieurs romans de science-fiction. "Dans La Princesse des Roses, peut-être son chef-d'oeuvre absolu, on assiste à une guerre mondiale entre la Confédération occidentale et l'Orient. Sous la férule de Rehim Tsang, sinistre personnage et stratège de talent, l'Orient cherche à s'emparer par la force de la maîtrise du monde. L'Europe est le premier continent à être conquis, et les conséquences en sont terribles ; le sac des capitales est accordé par Rehim, pour vaincre leur méfiance, aux chefs orientaux réunis à Londres. (...) De puissants vaisseaux aériens sillonnent le ciel, et bientôt les envahisseurs franchissent l'Atlantique pour conquérir le reste du monde. Un Français héroïque, Roland de S aint-Jauffré, chef de la Confédération occidentale, réussit à libérer l'Europe en se servant des dessins secrets de machines de guerre fantastiques conçues par le scientifique italien Flavio di San Giusto, génial inventeur assassiné seize ans auparavant pa r des sicaires orientaux ; sa fille Velléda, aussi belle qu'audacieuse, joue un rôle important dans cette tourmente d'événements. A bien des égards prophétique, ce roman fort intéressant mériterait d'être redécouvert." (article sur Luigi Motta par F. Pozzo , Le Rocambole n° 21, spécial Salgari et Motta, pp. 72-74). L'ouvrage n'a pas échappé à l'attention de l'encyclopédiste de la science-fiction, Pierre Versins : "son chef-d'oeuvre est La Princesse des Roses (1913). L'histoire se passe au XXIe siècle, à Téhéran devenue métropole occidentale. C'est là que vit Flavio de San Giusto, savant génial nommé Régent après l'assassinat du Shah. Sur ce fond hautement romanesque, le Péril jaune joue aussi son rôle, et non des moindres : "Depuis quelque temps tout l'O rient se dressait sous l'éperon d'une voix puissante, mais inconnue, et tentait de secouer le joug européen qui le dominait depuis plusieurs siècles." La révolution éclate ensuite à Téhéran tandis que San Giusto, applicateur des "torpilles aériennes que M axim avait étudiées au vingtième siècle", des "rayons ultra-rouges [sic], capables d'emprisonner les étincelles électriques, ou, pour mieux dire, la foudre artificielle", est assassiné par la société secrète qui a décrété le soulèvement des Asiatiques. Sa fille, la Princesse des Roses, est sauvée par un diplomate français. Tout l'ouvrage, dont l'intrigue est un fouillis, oscille en fait entre deux thèmes qui, eux, nous intéressent : c'est le Péril jaune, d'une part (grâce à sa supériorité aérienne, l'Orient envahit l'Occident, prenant Londres et Paris comme s'il s'agissait d'un pâté de maisons) et l'exploitation de l'électricité d'autre part. Notre auteur s'est en effet demandé ce que deviendrait le monde si l'électricité venait à manquer, "l'électricité, ce fluide vital du globe, et dont l'humanité avait fait depuis plusieurs siècles le facteur essentiel de l'existence." "C'est là un problème qui hantera plusieurs écrivains conjecturaux (dont, peut-être, Motta fut le premier à l'aborder), parmi lesquels Hen ri Allorge (Le Grand cataclysme, 1922) et René Barjavel (Ravage, 1943) qui, tous, considèrent l'électricité comme un fluide dont il n'existerait, sur terre, qu'une quantité donnée" (Encyclopédie de l'utopie et de la science fiction, p. 612). Ce roman constitue en outre un maillon très intéressant dans la chaîne de romans mettant en scène une invention scientifique merveilleuse, un aéronef futuriste, initiée par Jules Verne, prolongée par Paul d'Ivoi et le capitaine Danrit, et Dans mille ans d'Émile Calvet (1883, PH 5/86), Le Vingtième siècle de Robida (1883, PH 12/241), ou Gaëtan Faradel, explorateur malgré lui de Paul de Sémant avec son véhicule aérien extrapolé (1903, PH 16/320). G. AMATO (1857-1949) est l'illustrateur habituel de Motta chez Delagrave, comme il le fut celui de deux romans de Salgari (il illustre davantage de romans en Italie). Il est surtout dessinateur de journaux d'actualité (en particulier L'Illustration, de 1893 à 1922) et le beau-frère de Gino Starace, célèbre pour avoir dessiné les couvertures de Fantômas et de la collection Le Livre populaire (Fayard).
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