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OMRY (Georges). La Reine des Corsaires.

OMRY (Georges). La Reine des Corsaires.

SKU : 9501144
1 500,00 €Prix
Paris, Arthème Fayard, éditeur, 1912, in-fol. (38 x 27,5 cm), percaline moutarde. Au premier plat, dans un encadrement noir à la cathédrale, titre bleu et vignette polychrome (barque portant l'héroïne Djanina, manoeuvrée à la godille par son serviteur Boubékir, sous la lune, vers un fanal porté par une silhouette sombre, sur des rochers du rivage). Au second plat, vignette circulaire d'une galère en noir (page de titre), titre en long au dos, tr. rouges, 125-(3) pp. ¦Édition originale et unique de cet "album-roman", écrit e t dessiné (400 ill. dont 90 en couleurs) par Georges Omry (Georges Mory, 1880-1914, tué en Argonne), mi-roman, mi-bande dessinée avant la lettre, mixte de texte sous images et de récit illustré. Ce dessinateur, spécialisé dans le récit historique, l'allég orie et le merveilleux, émule de Robida et de Job, influencé par l'Art Nouveau, a frappé les lecteurs des publications Fayard qu'il illustrait et dont il était l'un des principaux collaborateurs, comme Benjamin Rabier. Mort à la guerre, il tomba dans l'oub li. Un demi-siècle plus tard, ses lecteurs se sont regroupés en "chasseurs d'illustrés", membres du "Cercle Désiré", fondé en 1965 par Jean Leclercq pour évoquer leurs souvenirs de lectures d'enfance, pour les partager et les publier dans des bulletins ron éotypés. Pour ce groupe, sa personnalité réelle demeurait un mystère jusqu'à la parution, en 1969, d'une monographie basée sur des archives familiales et historiques, A la recherche du merveilleux Georges Omry. Arlette Depierris et Herry Caouissin y ont réuni tout ce que l'on savait sur ce dessinateur, que l'on confondait parfois avec un autre qui signait "G. Ri." Omry bénéficie d'une reconnaissance en 1989, avec une notice dans Les Petits maîtres de la peinture, 1820-1920 de Gérald Schurr (tome 7, p. 121) puis dans le Dico Solo (1996 et 2004, qui énumère ses collaborations à la presse). Employé de banque à 15 ans, tout en étudiant aux Beaux-Arts, Georges Mory débute en 1897 dans L'Autocycle illustré puis collabore au Petit illustré amusant (1899 -1901), au Pêle-Mêle (1899-1914), à L'Illustré national (1900-1901), au Bon Vivant (1900-1907), à l'Almanach Vermot (1902-1915), etc. Après son service militaire, il entre chez Fayard, à la fois dans La Jeunesse illustrée (lancé en mars 1903) et dans Les Belles images (lancé en avril 1904 - sur ces deux journaux, voir article de Paul Nollet dans Le Collectionneur de bandes dessinées n°19, déc. 1979). Dans le premier illustré, il écrit surtout des récits à suivre : histoires d'aventures, légen des, récits humoristiques. Son succès semble être immédiat puisqu'il compose entièrement le numéro de Noël 1903, ainsi que celui des vacances d'été 1904. Dans le second, il publie une Histoire de France par l'image, dont le caractère édifiant va de pair avec une propension à l'allégorie et au mythe. C'est une des principales séries du journal, chaque semaine puis toutes les deux semaines, de 1904 à 1914. Sa documentation est irréprochable, Omry s'appuyant, pour les costumes, sur les livres de Racinet. Ce s journaux pour enfants furent une des grandes réussites de l'éditeur, qui inscrivit même leurs titres sur la façade de l'immeuble du 18-20, rue du Saint-Gothard, à côté de celui de ses autres publications à succès (Le Livre populaire, Modern-Bibliothèq ue). Ils appartiennent à ce que l'on appellera plus tard la "première génération des illustrés", laquelle règnera jusqu'en 1934 quand paraît Le Journal de Mickey. Dans la présentation de leurs "histoires en images", ces journaux s'inspirent des planches d'images d'Épinal dont ils ont le format (des vignettes régulières avec un texte en-dessous), forme dominante dans les publications pour enfants durant cette période, quels que soient les éditeurs. En 1912, dans le même format que ses hebdomadaires, Faya rd publie cet "album-roman" de son auteur-vedette, offrant un concept nouveau. Il sera suivi d'une série de cinq autres formant les Aventures et exploits du comte de Chavagnac, le célèbre cadet de Gascogne (février-juin 1913, env. 400 pp. et 1500 ill.) d ans un format plus petit. Dans ces livres, disent Embs et Mellot, "Omry s'impose comme le poète des oubliettes, des enlèvements et des rendez-vous nocturnes". Ces albums-romans imaginés par G. Omry représentent une évolution formelle de l'histoire en imag es, s'éloignant des images d'Épinal, et inventant le "roman dessiné". C'est ce que les publications Bayard (Bonne Presse) appelleront dans l'entre-deux-guerres les "romans cinématiques", qui ne sont ni vraiment des bandes dessinées, ni des textes sous imag es, et où la mise en page innovante a la plus grande importance. "Faut-il le lire ou le regarder ?", dit une annonce de l'éditeur. "On ne sait, tellement on est charmé quand on commence la lecture, ou stupéfait quand on voit le nombre et la perfection des dessins. Ce n'est pas un volume, c'est un cinématographe, et chaque scène, chaque phrase est prétexte à une illustration merveilleuse." "Le dessin d'Omry participait à son succès. Utilisant quasi-exclusivement le modelé par le trait, l'auteur est dans l' air du temps, "exprimant le volume intérieur par l'arabesque du contour, à la manière japonaise très en vogue à l'époque" et cernant ses personnages de traits épais à la manière de Mucha. Ces caractéristiques en font un auteur facile à imprimer, ses illust rations s'accommodant bien de couleurs en aplats. L'influence de Caran d'Ache est patente dans ses histoires humoristiques" (Wikipédia, d'après Nollet). Dans un admirable état de fraîcheur.
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