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PECH (Émile) . Un oncle d’Australie .

PECH (Émile) . Un oncle d’Australie .

SKU : 9501443
450,00 €Prix
Paris, Ancienne librairie Furne, Combet et Cie, éditeurs, [1900-1905], gr. in-8 (29 x 21 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat, polychrome, naufragé blessé, allongé sur le sol près d'un feu, l'aborigène Khadongô juché sur un rocher, agitant un drapeau pour attirer l'attention d'un navire croisant au large (ill. p. 171 et 175), sur fond de soleil rayonnant. Au second plat, médaillon central noir, au dos, fer doré, tr. dorées (Engel, relieur), 286-(2) pp. ¦Édition illustrée de 73 (en fait 70) gravures d'après les dessins de Marius Liéger, dont 18 à pleine page.Première édition chez Jouvet, 1895 (annoncé avec 50 gravures et 4 aquarelles dans les "Livres d'étrennes 1896", p. 3063). Nouvelle édition chez Combet, vers 1900-1905.Réédité ensuite chez Boivin, percaline rouge ou verte, plat doré, avec la scène de sauvetage du naufragé sur le rivage (« Il lui versa quelques gouttes dans la bouche », ill. p. 171) en médaillon.Les "Livres d'étrennes 1897" (p. 3028) publient un argumentaire pour ce livre (repris dans Le Correspondant, La Revue de Paris et La Revue britannique, 1895) ; « M. et Mme de Barvéjols ont perdu l'unique fils qui faisait la joie de leurs yeux et l'espoir de leur race. Rien ne peut les en consoler. Parmi les enfants que Mme de Barvéjols rencontre dans ses visites charitables à travers le village, elle en a remarqué particulièrement un dont les traits et l'allure lui rappellent celui qu'elle a perdu. C'est le fils d'une pauvre veuve, Madeleine Vidal. La châtelaine voudrait adopter ce petit garçon, vers lequel elle se sent attirée par une affection qu'elle ne peut raisonner, mais Madeleine refuse de sacrifier au nom et à la fortune les caresses de son Pierrot. Sur ces entrefaites, M. de Barvéjols est appelé à Melbourne pour y recueillir la succession d'un frère de son père qui, croyait-on, avait perdu la vie dans un naufrage au moment où il s'apprêtait à rentrer en France avec une fortune considérable. L'enquête à laquelle se livre M. de Barvéjols pour reconstituer la vie de son oncle en Australie, l'amène à découvrir que celui-ci a en un fils qui n'était autre que Guillaume Vidal, le père du petit Pierre que sa femme et lui voulaient adopter. »Davantage que ces personnages conventionnels, un des héros qui domine une partie du livre est un aborigène, représenté sur le plat historié. La deuxième partie du récit (plus de la moitié du livre) est en effet située en Australie, à Melbourne, décrite de manière vivante et animée, en compagnie du notaire et du banquier dépositaires de la fortune du naufragé. Sagissant de rechercher des héritiers, les aspects de lenquête et le caractère juridique et financier des démarches sont clairement exposés et donnent un intérêt puissant au roman, accentué par sa localisation exotique, la ville de Melbourne (300 000 habitants) étant une métropole, moderne et policée, modèle durbanisme, pourvue de toutes les fonctions propres à servir de cadre attractif pour ce récit. Cest en effet dans la bibliothèque publique de Melbourne que lenquête généalogique a pu être menée pour rechercher les héritiers du défunt naufragé. Lauteur de ce livre sest en effet correctement documenté et ses descriptions sont appuyées par les dessins réalistes de Liéger. Le chapitre « Un peu dethnographie en passant » explique entre autres que la ville de Melbourne sest fait connaître en France lors de lexposition universelle de 1889 (p. 146). Ainsi, on constate quun tel roman apporte à ses lecteurs, sous une forme agréable, des informations exactes et précises sur un pays quil contribue à faire connaître autant, sinon mieux, quun savant traité de géographie, répondant à une des définitions du plat historié : une pédagogie en action et en images.Son auteur, Émile Pech, ne figure dans aucun dictionnaire biographique. Cest un « auteur Delagrave », qui publie son premier livre en 1890. Cela signifie que son profil est celui dun enseignant républicain. Ceci est confirmé en tout point par le journal La Lanterne, du 7 mai 1890, qui annonce la publication de ce livre, Un homme de quinze ans. » « La librairie Ch. Delagrave vient de publier un récit de morale familière intitulé Un homme de quinze ans et qui est un vrai petit roman à l'usage de la jeunesse. C'est une œuvre attachante et honnête où l'esprit et le cœur trouvent également profit. Le style en est simple, facile et sans prétention. L'intérêt va grandissant de chapitre en chapitre jusqu'au dénouement, qui laisse pressentir une idylle prochaine. La ville de Paris reconnaissant les remarquables qualités de cet ouvrage, l'a honoré d'une souscription et adopté comme livre de prix pour les cours moyens et supérieurs de ses écoles. Auteur : M. Émile Pech, professeur de langue française et de littérature à l'Association polytechnique. »Émile Pech fera une série de conférences sur Mirabeau, sur les Ecrivains précurseurs de la Révolution, etc., dans différentes écoles ou à la mairie du 6e arrondissement en 1891. Il collabore au Magasin pittoresque de 1899 à 1916 et au Saint-Nicolas qui prépublie Orgueilleuse (1906, ill. M. Lecoultre), Pauvre Jacquinet (1908, ill. Dudoret), Il reviendra (1913), Festin interrompu (1915).Il est donc naturel de retrouver les ouvrages de cet auteur (23 romans) chez les principaux éditeurs républicains, dabord Delagrave (1890-1908) ; Jouvet (Ancienne librairie Furne (1895), devenu Société d'édition et de librairie (1897-99), puis Combet (1900-1905), puis Boivin (1907-1930)) ; Charavay, Mantoux, Martin (1895, devenu Société française d'éditions d'art, L.-H. May, 1901) ; enfin Juven (Société d'édition et de publications, 1903-1910) ; Picard (1910).Comme souvent chez Delagrave, éditeur progressiste, les romans dÉmile Pech sadressent aux garçons ou aux filles. Comme Fernand Calmettes ou Paul dIvoi avant lui, Pech a écrit de nombreux récits mettant en valeur des héroïnes intrépides, confrontées à des aventures que leurs envieraient leurs camarades masculins. Le lectorat féminin se développe à la fin du XIXe siècle et les magazines de Delagrave sadressent aux enfants des deux sexes. Cest le cas de Un oncle dAustralie, car bien que ses héros soient de jeunes garçons, cest une histoire familiale, avec une importance accordée à la mère de famille.Son thème australien est dactualité en 1895 : le pays intrigue les voyageurs et attire les immigrants. Son éloignement, sa faune et sa flore endémique en font une contrée recherchée. Roger de Beauvoir en fait uns de se escales de son Voyage autour du monde (1873, PH 29/541), ainsi que Lady Brassey dans Aux Indes et en Australie dans le yacht le Sunbeam (1893, PH 11/213) et Anna Vickers dans Voyage en Australie et en Nouvelle-Zélande (1883, PH 41/762), tandis que, après Jules Verne, dont plusieurs romans évoquent lAustralie, Paul dIvoi y situe un de ses « Voyages excentriques », Corsaire Triplex (1900, PH 12/237), au moment où le pays saffranchit de la tutelle anglaise. Le pays est présenté aux lecteurs français par Frank Hutchinson (La Nouvelle-Galles du Sud, 1896, PH 18/351).Le prétexte du récit est un naufrage et le sort dorphelins, thèmes classiques du roman daventures. Sur une variante du thème un peu usé de lOncle dAmérique (remplacé ici par lAustralie), lauteur sattarde surtout à évoquer la vie des colons et des fermiers, ainsi que celle des aborigènes. Mais les romans ayant pour cadre lAustralie sont assez rares en langue française pour que celui-ci mérite de retenir lattention des amateurs.Très bel exemplaire.
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