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POITOU (Eugène) . Un hiver en Egypte .

POITOU (Eugène) . Un hiver en Egypte .

SKU : 9500674
600,00 €Prix
Tours, Alfred Mame et fils, éditeurs, 1881, 4ème éd., gr. in-8 (30 x 21 cm), percaline rouge. Premier plat à décor égyptien noir et or : frise, encadrement de colonnes et de fleurs de lotus, globe ailé, serpents, hiéroglyphes et chiens en bas, au centre le sphinx et la grande pyramide de Guizeh (ill. p. 325). Second plat à encadrement de filets noir et vignette circulaire barrée d'un cartouche au nom de l'éditeur, dos orné de motifs égyptiens dorés repris du plat (frise, serpents, hiéroglyphe, fleurs de lotus), tr. dorées (A. Souze, graveur), 397-(3) pp. ¦Première et seule édition à plat historié illustrée par Karl GIRARDET de 32 gravures sur bois hors-texte, dont un frontispice, gravés par A. Gusman, Pannemaker, J. Quartley, Whitehead, etc. Édition originale en 1860, in-8 . Mame l'a réédité en in-4 en 1875 et 1876 (3ème édition), avec un plat décoré mais non historié. Magistrat angevin en quête d'un séjour sous un climat ensoleillé, Eugène Poitou (1815-1880), estime qu'il est temps "d'aller visiter la vieille Égypte, parce que le modernisme industriel commence à l'envahir. Accompagné de son frère, il effectue son voyage en 1857-1858. Ce récit devient vite populaire et bénéficie de nombreuses rééditions", dit Daniel Lançon, dans L'Égypte littéraire de 1776 à 1882, 2007). Ce "n'est pas un livre scientifique, le titre le dit assez ; mais ce n'est pas non plus le récit des aventures personnelles d'un touriste désoeuvré, prenant la plume pour apprendre au public des banalités sans intérêt ; c'est le journal d'un voyageur bien informé, jugeant les choses contemporaines avec un esprit impartial, celles de l'antiquité avec le secours des travaux scientifiques, puis rendant compte des unes et des autres dans un langage simple, correct, animé" (J. de Bertou, Le Correspondant, 1860 ). Les touristes arrivent à Alexandrie et vont au Caire, où ils aperçoivent les pyramides. "L'impression de cette première vue est profonde ; tous les voyageurs l'ont ressentie" (id). Ils visitent la ville moderne, puis s'embarquent pour une croisière sur le Nil, débarquent à Thèbes et explorent Karnak pendant six jours (le Rhamesseum, Médinet-Abou, Louqsor, Philae). "La visite nocturne aux ruines de Karnak fait passer devant les yeux du lecteur un spectacle dont la vérité semble être une vision d'un monde fantastique" (id). Après Antinoë, ils reviennent vers Memphis, visitent les pyramides de Saqqarah et le Serapeum (que l'auteur est le premier voyageur à décrire depuis sa découverte par Mariette en 1850-52), les pyramides de Gizeh et le Sphinx enfin, avan t de revenir au Caire. Là, Mme Poitou obtient l'autorisation de visiter le harem du vice-roi et en publie un compte-rendu pittoresque, tempéré par la description de l'oeuvre accomplie par le couvent du Bon-Pasteur du Caire. En annexe de cette réédition, l 'auteur évoque le percement du canal de Suez, une dizaine d'années après. Son livre est souvent mentionné dans les bibliographies sur l'Égypte : Voyageurs et écrivains français en Égypte (Jean-Marie Carré, 1956, tome II), Le Proche-orient dans la litté rature française de Nerval à Barrès (Hassan el Nouty, 1958), Littérature et voyage, un essai de typologie narrative des récits de voyage français au XIXe siècle (Valérie Berty, 2001) ; ses descriptions du Caire servent à Marcel Clerget (Le Caire, étude de géographie urbaine et d'histoire économique, 1934), à Jean-Luc Arnaud (Le Caire, mise en place d'une ville moderne, 1867-1907, 1998) ou à Jean-Charles Depaule (A travers le mur, 1986, étude sur l'architecture au Moyen-Orient). Pour les besoins d' un article, un critique balzacien a même vérifié sur place les traces de leur passage : "J'ai moi même relevé dans deux temples thébains, le Ramesseum et Medinet-Habou, trois graffitis laissés en décembre 1857 par les deux frères Poitou" ! (Michel Dewachte r, "L'Égypte de Balzac", Cahiers Confrontations, 1983). Bel exemplaire.
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