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ROBIDA (Albert). La Guerre au Vingtième Siècle.

ROBIDA (Albert). La Guerre au Vingtième Siècle.

SKU : 9501271
3 500,00 €Prix
Paris, Georges Decaux éditeur, [1887], gr. in-8 oblong (25 x 32,5 cm), percaline vert amande. Premier plat orné du titre et d'un dessin rouge, noir et or, représentant un petit torpédiste indépendant, conduit par un aérostier en uniforme. Second plat et dos muets, tr. rouges, gardes en camaïeu rose orange illustrées d'une grande composition de Robida gravée par Michelet représentant des animaux marins, des plantes et des aéronefs (A. Souze, graveur, A. Lenègre et Cie, relieurs), 48 pp. ¦Édition originale et premier tirage des dessins dAlbert Robida (1848-1926).Exemplaire unique, portant une amusante dédicace à son ami, le directeur du cabaret montmartrois Le Chat noir : « A Messire Rodolphe Salis, en sa bonne cité de Montmartre (la seule excuse de Paris), A. Robida (de Seine-et-Oise) »Deuxième volet de la trilogie de l'auteur sur Le XXe siècle (entre le roman éponyme, 1883 et La Vie électrique, 1891), cet ouvrage ne doit pas être confondu avec le texte portant le même titre paru dans La Caricature en octobre 1883.C'est l'un des sommets du Robida délirant, anticipateur des conflits futurs. Le bulletin Le Téléphonoscope a consacré deux numéros (n° 10 et 11) à Robida, visionnaire de la guerre du futur. De 1879 (Voyages très extraordinaires de Saturnin Farandoul) à 1919 (L'Ingénieur von Satanas) en passant par La Guerre infernale avec Pierre Giffard en 1908, la guerre future est au cœur de l'œuvre de Robida. Bien avant les effroyables conflits du XXe siècle (guerre russo-japonaise, Première guerre mondiale), Robida dépeint l'horreur que prendront toutes les guerres "scientifiques" du XXe siècle.Pierre Versins a pu dire de Robida qu'il était « le seul de tous les anticipateurs du XIXe siècle et du début du XXe siècle à avoir présenté par avance un tableau de notre présent qui ne soit pas trop éloigné de la réalité que nous vivons aujourd'hui, et qu'il a daté avec assez de précision » (Encyclopédie de l'utopie, des voyages extraordinaires et de la science fiction, 1972).C'est dans une des aventures de Saturnin Farandoul que Robida « par le verbe et par le dessin, se lance dans son thème favori et élève jusqu'au sublime le concept de la guerre imaginaire, chimique, bactériologique, mécanique, aspirante, sous-marine, aérienne, bref : explosive comme il se doit et de tous côtés, guerre totale qui dut faire rêver les militaires de l'époque. On voit là des trains blindés, des aspirateurs gigantesques qui engouffrent des armées, des filets à sous-marins, des ballons dirigeables, et même ces mesures d'obscurcissement qui feront la joie des enfants et des amoureux en 1939. »Jean-Claude Viche le constate, dans son article sur La Guerre au vingtième siècle (Le Téléphonoscope n° 12, 2005), contrairement au capitaine Danrit, auquel il est souvent comparé, « Robida n'était ni militaire, ni militariste. Il n'a jamais nourri l'ambition d'être un grand théoricien de la guerre du futur, mais il avoue avoir "réfléchi" à ce qu'il considère comme un dérapage inévitable de notre civilisation du vingtième siècle. Force est de constater, hélas !, que ses prémonitions, dissimulées souvent sous le manteau de l'humour et de la fantaisie se sont révélées terriblement exactes, de la Première à la Seconde guerre mondiale, au point qu'en 1916 l'écrivain Henri Beraldi le qualifiera de "caricaturiste prophète", lors d'une réédition en plaquette du numéro de La Caricature sur La Guerre au vingtième siècle (1883), sous le titre La Guerre telle qu'elle est prévue par A. Robida il y a trente trois ans, avec 42 compositions dont 7 hors-texte.« Comme l'écrit Gérard Klein, la perspective technologique et sociale de Robida, dans le domaine militaire comme dans le domaine civil ne consiste pas à extrapoler à partir du connu, mais « à partir des désirs, des attentes du public, ou des fonctions à remplir (...). L'intelligence militaire de Robida ne repose certes pas sur son choix du plus léger que l'air mais sur l'idée que si des aéronefs sont disponibles, ils seront utilisés fonctionnellement d'une certaine manière qui nous semble pertinente un siècle plus tard » (Le Téléphonoscope n° 11). Cette approche originale a enfanté une œuvre dense et géniale qui étonne encore par sa modernité », conclut Viche.Exemplaire exceptionnel.
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