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ROBIDA (Albert) . La Vieille France . Bretagne

ROBIDA (Albert) . La Vieille France . Bretagne

SKU : 9501350
500,00 €Prix
Paris, Librairie illustrée, [1891], in-4 (32 x 24 cm), percaline gris perle. Au premier plat, noir et or, calvaire de Saint-Trégonnec (p. 181) dans un cadre doré, sur le côté, le chevalet de l'artiste et son matériel posés dans un décor de porche gothique envahi par la végétation. Au second plat, en vignette horizontale le viaduc de Morlaix (p. 167), au dos, composition de flèches, de clochers et de beffrois empruntés à divers monuments, tr. dorées (A. Souze, graveur), (4)-336 pp. ¦Édition originale illustrée de 40 lithographies hors-texte et 220 dessins d'Albert Robida. Deuxième volume de la série La Vieille France, après La Normandie (1890, PH 30/577), et avant La Touraine (1892) et La Provence (1893), complétés par Paris de siècle en siècle (1895, PH 16/319) et Le Cœur de Paris (1896, PH 39/722). A travers lhistoire des grandes provinces françaises, cest lHistoire de France qui défile sous la plume et le crayon de Robida, du Moyen Age au XVIIIe siècle, ce quil appelle à juste titre et non sans nostalgie « la Vieille France », et que la modernisation du pays au XIXe siècle chasse irrévocablement, une « Vieille France qui sen va », selon le titre dun livre de Charles Géniaux (Mame, 1903, PH 14/266). Robida ne cessera durant plus dune décennie de partir à la recherche des traces de cette Vieille France, du pittoresque de ses monuments ou de ses ruines, quelquefois relevées par un Viollet-le-Duc. Robida fait partie de ces dessinateurs-écrivains dont parle Léon Barracand (Revue bleue, 1896, évoquant aussi Rodolphe Töppfer, Gustave Fraipont et Gaston Vuillier) qui sont aussi souvent des artistes-voyageurs. Car, à cette époque, il ny a pas dautre moyen pour un artiste que de se rendre sur place, tel un journaliste-reporter, pour rendre compte directement des lieux et des paysages. Cest ce qui donne leur prix et leur intérêt à ces ouvrages, témoignages de première main, dont lauthenticité leur confère une valeur historique.Cest lépoque des grands panoramas illustrés, des inventaires des richesses nationales, des vastes projets éditoriaux sétendant sur plusieurs années, que ce soient la série des Fleuves de France de Louis Barron (1888-1891, PH 22/413), du Littoral de la France de Vattier dAmbroyse (1885-1891, PH 20/391), ou même de la collection des Guides-albums de Constant de Tours (PH 36/669 à 671) qui forment des sources dinformations précieuses sur létat industriel, patrimonial ou pittoresque du pays.Avec ce livre sur la Bretagne, « Cest un inestimable témoignage que nous laisse ainsi Albert Robida. Beaucoup de ces maisons, leurs façades, leurs cours intérieures, leurs magnifiques tourelles descalier ont disparu depuis longtemps » (Claude Rebeyrat, bulletin Le Téléphonoscope n°9, déc. 2001, Robida en Bretagne, Association des Amis dAlbert Robida). Ce bulletin rappelle quAlbert Robida passait ses vacances en Bretagne (Jean Robida) et quil a imaginé en 1892 le « Parc national dArmorique » 70 ans avant la création au même endroit du Parc naturel régional. Plusieurs articles évoquent le livre sur La Bretagne : « Albert Robida, une vision des villes bretonnes en 1891 » (Denise Delouche), « Albert Robida, un défenseur de larchitecture en pan-de-bois » (Daniel Leloup) et « Lecture de Bretagne dA. Robida » (Jean Balcou). Ce dernier écrit : « Ce qui frappe le lecteur de Robida, cest, dans le déroulement du livre, limportance de lHistoire (…), comme ils ont à dire, ces remparts, ces châteaux, ces donjons, ces monuments ! Toutes ces murailles démantelées par Henri IV ou Richelieu ont encore des cicatrices béantes. Il est remarquable de constater combien Robida (…) sest documenté sur lHistoire de la Bretagne, témoignant dune connaissance qui na rien de superficiel. A la mesure des lieux quil visite, cette Histoire ne cesse de crier sa plainte (…). Certes, que dexploits, dont Du Guesclin est le champion ! Mais aussi que de crimes sans nom (…). Chaque lieu traversé, chaque monument visité provoque au passé, débris sur débris (…) cest de lieu en lieu, de monument à monument, que lHistoire se reconstitue (…) et quon peut, par exemple, batailler avec Du Guesclin à Dinan, lacclamer à Guingamp, le voir assiégé à Rennes et vaincu à Auray. Ou suivre Anne de Bretagne de Nantes à Saint-Malo ou à Morlaix. Lune des originalités de Robida est précisément dans cet art naturellement syncopé de distribuer lévénement. Le voyage à travers le pays est toujours un voyage à travers le temps, temps superposé. » En plus de lHistoire, grande ou petite, Robida sintéresse aux légendes (« On na que lembarras du choix, de la ville dIs au miracle du Folgoët »), mais aussi aux « nombreux spectacles de lactualité » : joueuses de tennis de Saint-Sevran, touriste avec leurs malles à Lamballe, noce de Saillé, Kermesse héroïque des mendiants dAuray, marchés, « toute cette part de pittoresque qui est une autre forme de lintimité dun pays ». Mais « chez Robida se manifeste une fascination quasi exclusive pour tout ce qui est vieux, et particulièrement les villes qui sont vieilles. En quoi la Bretagne lui donne de bien belles satisfactions » mais aussi de la colère face à ce patrimoine défiguré par les édiles et les architectes de lurbanisme qui réalignent les façades irrégulières. « Le costume nest pas en reste que Robida voulait voir « classer comme monument historique ». Ce quil veut montrer tout du long cet combien, malgré des exceptions, la Bretagne est un pays qui nest ni triste, ni austère, ni pauvre. Tout au contraire. « Un bon pays » disent les géographes. »Existe aussi en cartonnage rouge ou ivoire. Brun, I.034, p. 83. Bel exemplaire.
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