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ROGER (Aristide). Aventures extraordinaires de Trinitus. Voyage sous les flots.

ROGER (Aristide). Aventures extraordinaires de Trinitus. Voyage sous les flots.

SKU : 9501292
900,00 €Prix
Paris, Amable Rigaud, [vers 1870], gr. in-8 (27,5 x 19 cm), percaline chagrinée rouge. Au premier plat, à médaillon doré, un navire au milieu des glaces et des animaux de lArctique (ours, morses, pingouins), allusion aux chapitres XI-XII. Au second plat, rosace à froid et encadrement, titre doré au dos, tr. dorées, (8)-195-(5) pp. ¦Édition illustrée de 4 hors-texte dont un frontispice de Ch. Gaildrau gravés par E. Seguin et de 22 vignettes in-texte par Beyle gravées par Tauxier.Publié en 46 feuilletons dans Le Petit Journal du 12 mai 1867 au 2 janvier 1868. Première édition P. Brunet, 1868. Notre édition ne comporte pas le sous-titre « rédigé d'après le journal de bord de L'Éclair », habituel sur toutes les autres éditions chez Brunet (1868-69) ou Rigaud (1872-77). Nouvelle édition chez Kolb (1890).Aristide Roger est un pseudonyme du docteur Jules Rengade (1841-1915), auteur, après 1879, de la maison Tallandier sous ses diverses raisons sociales (Librairie illustrée, Dreyfous, Kolb, Chailley, Montgrédien), surtout pour les ouvrages médicaux, tel Le Médecin de soi-même (Tallandier, 1902, PH 11/227).Il tenait une chronique scientifique dans Le Petit Journal et ses premiers livres sont des recueils darticles publiés à la Librairie du Petit Journal. Vers 1868-69, il est passé chez léditeur Paul Brunet, actif jusquà la fin du Second Empire, créateur de la Bibliothèque de la science pittoresque, futur vulgarisateur scientifique sous le nom de Paul Bory (auteur, chez Mame, de livres à plat historié : Les Artères du globe (1888, PH 13/251), Les Explorateurs de lAfrique (1889, PH 01/002), Les Grandes entreprises modernes (1890, PH 05/085), Mémoires dun Romain. Vie privée de lancienne Rome (1890, PH 09-IN22), etc.). De son côté, de 1872 à 1877, Jules Rengade est édité par la Librairie d'éducation dAmable Rigaud.Létude la plus complète et la plus récente sur le Voyage sous les flots est celle du spécialiste de Jules Verne, Volker Dehs, publiée en ligne dans Verniana (2010). Louvrage avait déjà été repéré par Pierre Versins (Encyclopédie de lutopie, des voyages extraordinaires et de la science fiction, LÂge dhomme, 1972, pp. 735-736) et décrit par Joseph Altairac (« Voyage sous les flots d'Aristide Roger », Encrage, n° 21-22, 1988, p. 61-64 et dans le livre de G. Costes et J. Altairac, Les Terres creuses, Encrage, 2006, p. 130). Volker Dehs rappelle que la précédente mention vernienne du livre remonte à 1936 (M. Astier, « Le Nautilus a-t-il eu un précurseur ? », Bulletin de la Société Jules Verne (ancienne série) n° 2, février 1936, pp. 76-80).Évidemment, le livre de Roger avait défrayé la chronique dès sa parution en feuilleton dans Le Petit Journal, inquiétant Jules Verne lui-même, alors quil préparait la publication de Vingt mille lieues sous les mers, et soucieux de se démarquer dun livre abordant exactement le même sujet que lui. Pierre Versins rapporte que Verne a envoyé une lettre au Petit Journal le 28 octobre 1867 (parue le 1er novembre), signalant au rédacteur en chef quil travaille à un roman ayant pour titre provisoire Voyage sous les eaux : « Voulez-vous être assez bon, monsieur, pour insérer cette lettre dans votre journal afin de me mettre à labri de toute réclamation, à propos de lanalogie du sujet de ces deux ouvrages ? »Si Roger bénéficie de lantériorité de publication, il sinspire toutefois du projet vernien. Volker Dehs écrit : « Les références de Rengade aux œuvres de Jules Verne, sont, par contre, manifestes : ainsi la présence des mots « Voyages extraordinaires » dans le titre définitif, Aventures extraordinaires de Trinitus. Voyage sous les flots (le sous-titre « rédigé daprès le journal de bord de LÉclair » rappelle dailleurs celui de Cinq Semaines en ballon), puis larrangement caractéristique de trois personnages principaux, tels quils apparaissent dans Cinq Semaines en ballon et Voyage au centre de la Terre (le professeur et son compagnon, assisté dun serviteur dévoué). Le cartonnage de lédition de luxe du roman imite en outre et sans façon le cartonnage dit « personnalisé » des Voyages et aventures du capitaine Hatteras, récemment paru en novembre 1866. Enfin, on trouve une référence explicite de Rengade à Jules Verne dans un intéressant commentaire de lauteur à son ouvrage, qui na paru quen feuilleton. »Un article du Correspondant constate dailleurs, le 25 décembre 1869 : A. Roger « aborde, non sans talent, le genre du roman scientifico-fantastique si brillamment inauguré par Jules Verne ; mais il a la mauvaise chance de se rencontrer précisément avec le maître dans le choix du sujet et dans ses principaux développements. Le roman de M. A. Roger s'appelle : Voyage sous les flots ; celui de J. Verne, Vingt mille lieues sous les mers. Les héros des deux auteurs font également le tour du monde dans un bateau sous-marin mis en mouvement et éclairé tout à la fois par l'électricité. La publication du livre de M. A. Roger remonte à 1868 ; le roman de M. Verne est encore inachevé. Nul soupçon possible de plagiat d'un côté ni de l'autre. La parfaite honorabilité des deux auteurs suffit pour l'écarter ; mais convenons que la rencontre est bizarre. »Larticle de 1936 nest pas le premier à mentionner le Voyage sous les flots. Un article de Manoel Gahisto, « Le premier Nautilus », paru dans LOpinion en 1931, à loccasion du lancement, le 24 mars (jour anniversaire de la mort de Verne), dun sous-marin américain ayant repris ce nom, sarrête sur le livre de Roger : « Avant ce moment-là, un autre Français avait imaginé un récit de même thème, intitulé Voyage sous les Flots et compris dans une Bibliothèque de la Science Pittoresque. Il s'appelait Aristide Roger (rendons-lui justice). Son héros est un inventeur méconnu qui peut, bien à propos, utiliser un navire sous-marin de sa création pour sélancer à la recherche de sa femme et de sa fille naufragées en Océanie. L'histoire commence un dimanche matin sur la Grand'Place de Calais, ville que l'auteur paraît fort bien connaître, ainsi que ses environs. Le savant, devenu le « capitaine Trinitus », intitule son journal de bord de la façon suivante : « LÉclair, bateau sous-marin. Départ de Calais pour la mer de Corail, le 3 août 1864 à minuit. » Tous les détails qui suivent dénotent que la relation du voyage de ce sous-marin, de Calais au Cap, puis en Océanie, fut écrite avant 1870, avant celle des aventures des passagers du Nautilus. L'exemplaire que nous conservèrent les boîtes du quai, est un de ces livres dun nombre restreint de pages, qui sont composés spécialement pour les éditeurs de livres de prix, ce que précise la mention : Librairie d'Éducation, Amable Rigaud, 33, quai des Augustins. On trouve parfois dans ces collections, délassement de professeurs lettrés, des histoires fort agréables. (…) [Trinitus est] certainement oublié totalement aujourd'hui des Calaisiens. Parti de Calais, L'Éclair n'y est jamais revenu, non plus que ses passagers sans doute. Néanmoins, le capitaine Trinitus ne manque pas de retrouver ses proches, de marier sa fille après maintes péripéties et même de dramatiques rencontres avec de sauvages cannibales. Ce brave homme ne ressemblait en rien au « capitaine Nemo », un en-dehors de grand style, et ses aventures se terminent le plus bourgeoisement du monde. Les détails techniques de l'agencement de son engin, il faut l'avouer, ne dépassent guère les connaissances positives d'un élève de rhétorique. » Son principal titre de gloire reste son antériorité par rapport à la création du « père de Philéas Fogg » et le caractère pittoresque de laventure.Contrairement à celui que Manoel Gahisto a retrouvé sur les quais en 1931, notre exemplaire est dans une condition exceptionnelle, et dans son rare cartonnage éditeur « vernien ».
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