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SAINT-FEGOR (L. de). Le Royaume de l'air.

SAINT-FEGOR (L. de). Le Royaume de l'air.

SKU : 9501152
900,00 €Prix
Paris, Société d'édition et de publications, Librairie Félix Juven, 1910, gr. in-8 (28,5 x 20,5 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat polychrome, réunion d'aéronefs de divers types (aéroplanes, monoplans et biplans, trois ballons dirigeables) au milieu d'hirondelles, dans le ciel de Paris (vu depuis une tour de Notre-Dame, avec au premier plan une gargouille, et à l'arrière-plan une vue de la Seine, l'île de la Cité, la Tour Eiffel, l'église Saint-Sulpice et, au loin, le Trocadéro). Au second plat, rosa ce noire circulaire (arabesques entourant un paysage central avec deux arbres), au dos un aéroplane et un dirigeable (type Astra, pl. V), repris du premier plat, tr. dorées (Lorne, graveur), 348-(4) pp. ¦Nouvelle édition mise à jour, illustrée de 108 f igures in-texte (120 gravures indiquées en page de titre) et photographies documentaires, et 21 planches hors-texte dont une double. Nouvelle édition mise à jour. La première édition date de 1909, avant le vol de Blériot au-dessus de la Manche en juille t, et comprend 318 pages. Un an plus tard, l'auteur et l'éditeur se voient dans l'obligation de procéder à une mise à jour, augmentée d'un chapitre supplémentaire "Le royaume de l'air en 1910", vu la vitesse des progrès de l'aéronautique. L. de Saint-Fégo r est le pseudonyme du capitaine Léonide Sazerac de Forge, né à Boismorand (Loiret) et mort au champ d'honneur le 30 août 1914 à Tourteron (Ardennes). "Officier de carrière dans l'infanterie, dit Henry de Forge, son parent (Anthologie des écrivains morts à la guerre, vol. 4), sorti dans les premiers de Saint-Cyr, admis treizième à l'École supérieure de guerre, esprit scientifique, il consacra tous les loisirs que pouvaient lui laisser le métier des armes à l'étude de toutes les questions concernant l'aér onautique, questions qui le passionnaient." "A l'heure où elles étaient encore imprécises pour le grand public, il entreprit - et il semble qu'il fut le premier - de les vulgariser, de réunir une abondante documentation qu'il mettait à sa portée, pour ess ayer de la lui faire comprendre et de la lui faire aimer. Ce fut là le point principal de son oeuvre littéraire, tant par d'abondants articles à L'Illustration, à Armée et Marine, au Monde illustré, au Matin, aux publications Hachette, que dans des livres qui furent très lus et que tout de suite l'on choisit comme prix à décerner aux lauréats des classes supérieures dans les lycées" : La Conquête de l'air (1907 et 1909), Le Royaume de l'air (1909), L'Homme s'envole (Berger-Levrault, 1909-1910) . "Le bagage littéraire du capitaine Sazerac de Forge, bagage qui date de 1907 à 1913, constitue une documentation précieuse, extrêmement complète, que personne n'avait établie encore, sur tout ce qui concerne les premiers résultats de l'aviation et de la construction des dirigeables. Il n'a pas cherché à y faire oeuvre d'imagination." Il était d'autre part pilote de dirigeable, joignant la théorie à la pratique. Mais lorsque la guerre éclata, il fut affecté dans l'infanterie (202e de ligne) et fut tué ap rès la campagne de Charleroi. Parmi les autres livres sur le sujet, en effet peu nombreux en ces débuts héroïques de l'aviation, citons La Navigation aérienne de Joseph Lecornu (1903, 3e éd. mise à jour en 1910, PH 27/515), La Navigation aérienne de Philippe Hettinger (1910, PH 9/184) et Les Hommes de l'air d'Hugues Le Roux (1910, PH 1/14), sans oublier le bel album de photographies aériennes de Schelcher et Omer-Decugis, Paris vu en ballon et ses environs (1909, PH 15/299). Le livre de Saint-Fég or est un classique cité dans les histoires de l'aviation, telle celle de Jules Duhem, Histoire des idées aéronautiques avant Montgolfier (1943) ou, plus récemment Les Bretons et l'aéronautique de Thierry Le Roy (2002), La Belle-Époque des pionniers d e Port-Aviation de Francis Bedei et Jean Molveau (2009). Le magnifique plat historié du volume rappelle, mais plus frappant encore, le jeu de contraste de la couverture du livre de Jules Loridan, L'Astronomie pittoresque (1896, PH 26/499), confrontant un motif médiéval gothique avec des éléments modernes. Cette couverture, montrant un astrologue au chapeau pointu, recouvrait en fait un livre scientifique. Chez Saint-Fégor, l'opposition graphique se double d'une forme d'ironie : la tête de gargouille gro tesque et appartenant à un passé superstitieux contemple avec dédain les envolées victorieuses d'une flottille d'appareils aériens. Nous retrouvons sur cette composition un de ces chocs visuels qu'affectionne un Albert Robida qui mêle ses visions futuriste s à un rappel nostalgique d'un passé pittoresque. Bel exemplaire de ce plat historié, superbe comme toujours chez Juven.
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