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SEIGNOBOS (Charles) . Scènes et épisodes de l’histoire de l’Allemagne

SEIGNOBOS (Charles) . Scènes et épisodes de l’histoire de l’Allemagne

SKU : 9501344
500,00 €Prix
Paris, Armand Colin et Cie, 1898 (impr. 20 septembre 1897), gr. in-4 (33 x 27 cm), demi-chagrin marron, plats de percaline chagrinée, bords biseautés. Au premier plat, à lor, aigle impérial germanique à deux têtes, titre en lettres gothiques, dans un cartouche arrondi, encadré dune frise de motifs végétaux stylisés. Au second plat, armes de la ville de Paris (Prix municipal dexcellence), dans un encadrement de filets et décoinçons à froid, au dos, caissons et fleurons dorés, tête dorée, non rogné, gardes noires ornées dun motif à répétition (logo de léditeur aux initiales AC dorées dans une couronne de lauriers), VIII-328-(4) pp. ¦Édition originale illustrée de 40 compositions inédites, 7 par Georges Rochegrosse et 33 par Alphonse Mucha, gravées par G. Lemoine.Ex-dono, prix dhonneur des Ecoles communales de Paris, école des garçons, rue Lemercier, à Maurice Perrier, daté 1916. Cet ex-dono est un document intéressant : il indique que, près de vingt ans après sa publication, louvrage était toujours disponible et était offert en prix à un élève méritant. A Prix dhonneur, ouvrage exceptionnel : on imagine sans peine la joie et lémotion de lélève recevant cet imposant in-quarto et le transportant jusque chez lui !Dorigine tchèque, célèbre pour ses affiches Art nouveau et ses représentations de Sarah Bernhardt (à partir de 1894-95), Alphonse Mucha (1860-1939) est arrivé à Paris en 1887, venant de Vienne et Munich, pour continuer ses études artistiques à l'Académie Julian. Deux ans plus tard, il se lance dans lillustration de livres et de magazines, de catalogues ou calendriers. Les débuts sont difficiles : « Mucha connaît une sévère misère malgré ses démarches pour publier ses dessins dans la presse, notamment dans La Vie populaire [30 couvertures en 1890-1892] et Le Costume de théâtre. Il parvient à collaborer [1891-1895] à la revue pour enfants Le Petit Français illustré, éditée par Armand Colin et, peu à peu, à se faire un nom dans le domaine de lillustration », écrit Elisabeth Mismes (« Alfons Mucha », Art & Métiers du livre n°272, mai-juin 2009, p. 23). « Pour un graphiste habile, il n'était pas trop difficile à s'employer dans un Paris à l'activité commerciale stimulée par une nouvelle Exposition Universelle celle de 1889 » (Arthur Ellridge, Mucha le triomphe du modern style, Terrail, 2001). En 1891, il travaille pour divers éditeurs (Armand Colin, Jouvet, Charavay, Mame) pour illustrer livres et magazines : Contes des grands-mères par Xavier Marmier (Jouvet, 1892), Mémoires dun éléphant blanc de Judith Gautier (1984, PH 7/135,dabord paru dans Le Petit Français illustré), LAventure de Roland par Henri de Brisay (Charavay, Mantoux, Martin, 1896, paru dabord dans LOuvrier), Le Grand Ferré, par Noël Gaulois (id., paru dabord dans Les Veillées des chaumières sous le titre « Le Château des fantômes »), La Vallée des colibris par Lucien Biart (Mame, 1898), Les Chasseurs dépaves par Georges Price (id., dabord paru dans la Revue Mame)...Nous avons déjà cité Mucha dans deux plats historiés, Montcalm et Lévis. Guerre du Canada 1756-1760 de labbé Casgrain (Mame, 1898, PH 6/108, frontispice) et Cherbourg Paris Châlons (1896, PH 28/525).La collaboration avec Armand Colin est des plus assidues : Mucha réalise plus de 120 dessins de 1891 à 1895 pour Le Petit Français illustré, illustrant des récits de Paschal Grousset (L'Aventure Nautique, 1891), Mme Magbert (Les Lunettes bleues, 1891), Charles Normand (Le Premier Shampoing d'Absalon), Gérald-Montméril (Au Bon Vieux Temps, et autres, repris dans le volume Jamais content !), Mrs. Molesworth (Une Matinée de Printemps), en plus du roman de Judith Gautier déjà cité.Mais le travail quil mène en compagnie du peintre académique Rochegrosse pour le livre de Seignobos est dune autre trempe : destiné à une publication de grand luxe, le projet sétale sur plusieurs années, et lamène à composer des dessins, des huiles ou des gouaches, qui seront interprétées en gravures par latelier artistique de léditeur. Les premières compositions sont datées 1891 : Saint Gall exorcise une possédée, LEmpereur Lothaire et le pape Innocent, Saint Bernard et Conrad III, Frédéric Barberousse détruit Milan et 1892 : Sainte Elisabeth recevant la discipline.« Charles Seignobos (1854-1942), historien français et spécialiste de la IIIe République, est nommé maître de conférences à l'université de Dijon en 1879 et professeur à la Sorbonne à Paris en 1881. Père de l'Histoire méthodique, il reste l'auteur de nombreux ouvrages d'histoire politique. [En 1891], l'éditeur Armand Colin proposa à Mucha d'illustrer l'ouvrage de l'historien. Il parut d'abord en 41 livraisons et fut achevé d'imprimer le 20 septembre 1897 chez A. Lahure à Paris. Les illustrations (originaux, épreuves...) furent exposées à Paris, au Salon des Artistes Français en 1894 (originaux appartenant à MM. A. Colin et Cie), à la Galerie La Bodinière en 1897 et à La Plume en 1897 (originaux appartenant à M. Bourrelier). Armand Colin sollicita ensuite Mucha pour l'illustration d'un autre ouvrage de Charles Seignobos, Histoire d'Espagne, projet qui n'aboutit pas » (site Mucha, richet.christian.free.fr).Elisabeth Mismes explique limportance de cette commande : « cette série de fascicules retraçant des moments de lhistoire germanique centrés sur des personnages célèbres (…) est loccasion pour Mucha de tirer parti de son intérêt pour la peinture dhistoire, déjà naissant à Vienne et à Munich. Parallèlement aux gravures destinées à limpression en grande diffusion, il exécute de grandes gouaches et des huiles sur panneau qui constitueront sa première exposition personnelle organisée par Le Journal des Artistes à la Galerie La Bodinière en 1897. Lexposition de 2009 [à Vienne, Montpellier et Munich] présente ces œuvres dont une partie appartient à des collectionneurs privés français. La vision de lartiste accentue laspect tragique des scènes décrites, par le jeu de forts contrastes entre le noir et le blanc, le traitement des détails, latmosphère pesante créée par la représentation de corps sans vie et de crânes, dans un décor où le végétal se montre sombre et menaçant. Le futur « prince de laffiche » de la Belle Epoque ne sannonce pas encore ici et cest plutôt lambiance du « romantisme noir » qui simpose », comme dans dautres compositions réalisées pour les publications illustrées que nous avons citées.Contrairement aux Scènes et épisodes de l'Histoire nationale (1891), relativement courant et qui forme une paire avec ce volume sur l'Allemagne, ce dernier est de toute rareté.Ouvrage somptueux et très bel exemplaire.
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