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STAHL (P.-J., dir.) et GRANDVILLE. Vie privée et publique des animaux.

STAHL (P.-J., dir.) et GRANDVILLE. Vie privée et publique des animaux.

SKU : 9500622
450,00 €Prix
Paris, J. Hetzel, libraire-éditeur, 1867, gr. in-8 (287 x 19 cm), percaline rouge. Au premier plat, noir et or, vignette centrale dorée d'après le deuxième frontispice : un singe assis sur un échafaudage, tenant une palette et peignant le titre Les Animaux peints par eux-mêmes en fumant la pipe, à son côté, debout, un chien (son aide) tenant un pot de peinture "vert" ("vert de gris " sur la gravure) et léchant le pinceau, devant une assemblée de spectateurs (poisson, grenouille, perroquet), dans un grand encadrement de motifs décoratifs floraux noirs, quatre marguerites cerclées en écoinçons. Au second plat, encadrement similaire avec macaron aux initiales de l'éditeur et quatre rosaces en écoinçons (marguerites cerclées), au dos, à l'or, papillon, insecte (scarabée) et tortue (p. 299) coiffée dun bonnet de nuit, tenant une cane et un bâton (décor utilisé au dos de lédition Paulin de 1841-42), tr. dorées, (4)-636 pp. ¦Première édition en livraisons de 1840 à 1842, sous le titre Scènes de la vie privée et publique des animaux, puis en deux volumes, Hetzel et Paulin, 1841-1842. Rééd. Maresq, 1852.Édition complète, revue et augmentée. Collection J. Hetzel. Sera rééditée en 1880.Avec la collaboration de Balzac, Louis Baude, Émile de La Bédollière, Pierre Bernard, Gustave Droz, Benjamin Franklin, Jules Janin, Édouard Lemoine, Alfred de Musset, Paul de Musset, Mme Ménessier-Nodier, Charles Nodier, George Sand, P. J. Stahl, Louis Viardot.Ce grand classique met en scène en son prologue lAssemblée générale des animaux au Jardin des Plantes, accueillant des délégations des ménageries de tous les pays, réunis nuitamment pour débattre non pas « lordre du jour » mais « lordre de la nuit », la cause de la liberté. Après force délibérations, le Renard fait la synthèse des débats, dont il ressort quil faut réaliser, au moyen de la presse, une enquête générale sur la situation de chaque espèce animale, prenant exemple et modèle sur La Fontaine. « Aux Animaux seuls il appartient donc de raconter les douleurs de leur vie méconnue et leur courage de tous les instants, et les joies si rares dune existence sur laquelle la main de lhomme sappesantit depuis quatre mille ans. » En conséquence, il a été décidé de la « publication dune histoire populaire, nationale et illustrée de la grande famille des Animaux », écrite par elle-même. « Comme les arts et la librairie sont encore dans lenfance parmi eux [les Animaux], la nation sadressera, par lintermédiaire de ses ambassadeurs, pour illustrer cet ouvrage, à un nommé Grandville, qui aurait mérité dêtre un Animal, sil navait ravalé son beau talent en le consacrant à la représentation toujours flattée, il est vrai, de ses semblables (voir les Métamorphoses). Et pour limpression, elle sadressera à une maison de librairie connue, dans le monde pittoresque, sous le nom de J. Hetzel, et qui na pas de préjugés. » Les Ambassadeurs envoyés chez M. Grandville, à Saint-Mandé, « qui sentendit sans peine avec eux », sont le Renard, lAigle, le Pélican et le Sanglier. Ceux-ci se dirigent ensuite rue Jacob n°18, chez les éditeurs qui leur firent bon accueil. Le Sanglier reçut un exemplaire des Lettres sur la vie de lhomme et des animaux de Jean Macé, le Pélican accepta pour son fils une collection du Magasin déducation et de récréation. LAigle se vit offrir les quatre séries de Romans nationaux dErckmann-Chatrian et les Voyages extraordinaires de Jules Verne. Quant au Renard il déclina tout cadeau, se contentant demporter des catalogues à distribuer ! Le prospectus de la publication est diffusé par le Corbeau, et les livraisons seront expédiées par Pigeon voyageur. « Messieurs les Rédacteurs espèrent pouvoir compter parmi leurs souscripteurs tous les Animaux et tous les Hommes sincères qui désirent faire preuve dimpartialité, et qui ne redoutent aucune des vérités qui sont bonnes à dire. »Louvrage a pris place parmi les chefs-dœuvre de la littérature animalière et anthropomorphique, satire de la société humaine, de ses travers, manies, ridicules. Chaque animal dépeint une espèce dhomme avec son caractère, son métier, son apparence. Les principaux chapitres sont Histoire dun lièvre de Stahl, Peines de cœur dune chatte anglaise de Balzac, Voyage dun moineau à Paris de Sand, Histoire dun merle blanc de Musset, Tablettes de la girafe de Nodier, etc.« La critique du XIXe siècle est unanime », dit Annie Renonciat, qui parle de « tour de force » : « de tous les livres de lépoque entrepris par les Fournier, les Hetzel, les Paulin, celui-ci est à coup sûr le plus artistique, le mieux conçu, et il restera certainement le chef-dœuvre de celui quon nappelait plus que « le La Bruyère des animaux » ou « le La Fontaine des dessinateurs », écrit Grand-Carteret (…) Ainsi cautionnés, médiatisés par le discours, doués de la parole la plus « distinguée », les animaux de Grandville, comme apprivoisés, ont pris figure humaine. Et la fantasmagorie de lartiste, diffusée dans lEurope entière, passe dans limaginaire collectif : les images de Grandville vont devenir des repères, des clichés, des archétypes pour de nombreuses générations dillustrateurs, de dessinateurs, dhumoristes et de publicistes. Elles trouvent encore aujourdhui toute leur actualité : Gustave Doré et Benjamin Rabier, Wilhelm von Kaulbach, Tenniel, Méliès et Disney pour limage animée, se sont (pour ne citer que les plus célèbres) très largement inspirés des fabulations de Grandville. » (Annie Renonciat, La Vie et l'œuvre de J.-J. Grandville, 1985, pp. 202-222).Très bel exemplaire.
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