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SWIFT (Jonathan). Voyages de Gulliver .

SWIFT (Jonathan). Voyages de Gulliver .

SKU : 9500633
650,00 €Prix
Paris, A. Quantin, imprimeur-éditeur, [1884], gr. in-8 (26 x 18 cm), percaline verte avec deux bandes horizontales de chagrin maroquiné, en haut et en bas, bords biseautés. Au premier plat, vignette noir, or et rouge, deux personnages en costumes orientaux, l'un minuscule (un lilliputien), l'autre géant, portant un sabre sur le côté, de part et d'autre d'un globe terrestre, chaînes et ancres dorées sur les bandes de chagrin se prolongeant au dos et sur le second plat. Au second plat, écusson de l'éditeur, doré (lettres AQ, et devise "Liber Libro", vignette au second plat de couv.), au dos, portrait-vignette doré de l'auteur (d'après la vignette sur le plat et au dos de la couverture, et en tête de la préface), tête doré, non rogné, plats et dos de couv. en couleur conservés, (4 )-XII-429-(3) pp. (Engel, rel.) ¦Traduction nouvelle et complète par B.-H. Gausseron, avec préface. 213 illustrations en noir et en couleurs par V. A. Poirson, incluant têtes de chapitre, lettrines (toutes différentes) et culs-de-lampe, gravées par Gill ot. On ne présente plus ce chef-d'oeuvre de la littérature universelle, publié en 1726, et dont on ne connaît habituellement, surtout, que le premier et le deuxième épisode, les voyages chez les Lilliputiens et chez les Géants. L'édition ici proposée incl ut également les voyages suivants, le troisième qui fait visiter à Gulliver l'île volante de Laputa (peuplée de savants prétentieux aux théories contradictoires qui font chuter leur île merveilleuse) puis les pays de Balnibardi, de Luggnag, de Glubbdubdrib et retour par le Japon et enfin le quatrième voyage, non moins extraordinaire, chez les Houyhnhnms, le pays des chevaux savants où les humains sont ravalés au niveau des bêtes de somme. Dans son Encyclopédie de l'utopie et de la science fiction (1972), Pierre Versins détaille : "Il y a donc quatre voyages, le premier à Lilliput où Lemuel Gulliver, chirurgien à bord d'un navire, se trouver échouer. Les habitants en sont minuscules, six pouces de haut en moyenne, soit une quinzaine de centimètres. Gullive r s'y trouve pris d'abord entre deux factions, les Talons hauts et les Talons bas, puis entre deux sectes qui se battent pour savoir par quel bout un oeuf à la coque doit être ouvert, les Petits-boutiens et les Grands-boutiens. Il sera accusé du crime de l èse-majesté pour avoir éteint un incendie qui menaçait le palais royal en pissant dessus. Gulliver revient en Angleterre et repart sur mer, pour se trouver bientôt à Brobdingnag, chez les géants cette fois, assez débonnaires. Mais sa taille minuscule l'off re en proie rêvée aux rats, aux chats, etc., schéma que l'on retrouvera jusqu'à des oeuvres modernes comme L'Homme qui rétrécit de Matheson. Il s'en tirera quand même et entreprendra un troisième voyage, le plus important pour nous, à Laputa, île volante par antigravitation, et au continent de Balnibarbi dont dépend cette île, capitale Lagado, puis à Luggnagg où vivent en se lamentant de vivre, les Struldbruggs immortels. Quant aux Laputiens, ils sont surtout astronomes, ou même ne sont que cela et d'une absence totale en ce qui concerne la vie courante, au point qu'ils ont besoin d'un domestique pour leur rappeler tout ce qu'ils doivent faire en dehors d'observer le ciel et supputer (...). Enfin Gulliver, lors d'un dernier voyage, aboutira chez les Houyhn hnms, des chevaux vertueux, sages et bons qui règnent sans excès sur un peuple brouillon et bestial de Yahoos, les hommes. Nous n'estimons pas vraiment nécessaire d'appuyer d'un commentaire cette allégorie". Inspiré des écrits utopistes publiés depuis Rab elais et Thomas More, et des philosophies relativistes et différentielles (entre grandeur et petitesse, science et ignorance, humilité et pédantisme, folie et raison), annonçant la lignée du Candide de Voltaire qui mène à la science-fiction moderne, cett e critique des travers humains n'a pas pris une ride. Gausseron décrit "cette immortelle et impitoyable satire, non seulement de la société anglaise à l'époque, mais du monde civilisé tout entier, dont les enfants s'amusent comme du livre de Daniel de Foe, mais qui, pour le penseur, déborde d'amertume et soulève ces terribles questions, chaque jour plus menaçantes, dont il faudra, à brève échéance, trouver la solution, si l'on ne veut périr", comme les habitants de l'île volante... Comme beaucoup de ces cl assiques, l'ouvrage a été réduit à un livre pour enfants, dénaturé et édulcoré d'une partie de sa substance. Dès la première traduction du XVIIIe siècle, par l'abbé Desfontaines (1727), on y introduit des contresens, des choix contestables, on opère des su ppressions, dit Gausseron. Les traducteurs suivants ont tenté de suppléer à ces défauts, mais souvent se basaient sur la traduction initiale, qui était simplement rafistolée. Gausseron propose, pour la première fois, une traduction intégrale et respectueus e du texte. Issu du dessin de presse et d'humour, Victor-Armand Poirson (né en 1858) est peu connu comme illustrateur de livres. Il s'est surpassé au service de Swift. Ses dessins d'une grande finesse sont la plupart rehaussés de couleurs, ajoutant un cha rme indéniable à cet ouvrage magnifiquement édité par la maison Quantin, un des meilleurs éditeurs de livres illustrés de la fin du XIXe siècle. Poirson a rarement eu l'occasion de montrer son talent de cette manière. Nous le rencontrons souvent dans des équipes artistiques où ses travaux sont noyés parmi ceux de ses confrères. Il fait partie de l'atelier de Quantin, mais on rencontre aussi ses travaux chez Charavay, Delagrave, Dreyfous, Hachette, Hetzel, la Librairie illustrée, Mame, May, Palmé, Plon. Il illustre Le Dévouement de Claudine de Kergall (1892). Exemplaire superbe.
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