top of page
TAVERNIER (Adolphe) et ALEXANDRE (Arsène). Le Guignol des Champs-Élysées .

TAVERNIER (Adolphe) et ALEXANDRE (Arsène). Le Guignol des Champs-Élysées .

SKU : 9501073
450,00 €Prix
Paris, Librairie Charles Delagrave, [1889], in-8 (25 x 20 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat, noir et or, un polichinelle en vignette (d'après la page de titre). Au second plat, monogramme CD de l'éditeur dans un écusson, titre noir et or au dos en long, tr. dorées, VIII-138-(2) pp. (H3) ¦Édition originale illustrée de vingt compositions par GEOFFROY. Table : Le voyage dans la forêt. Guignol domestique. Guignol en prison. Guignol médecin. Guignol homme du monde. Guignol et ses créanciers. Le mariage de la mère Michel. Guignol assassin. Le jugement. Guignol en enfer. Le Guignol des Champs-Élysées est une véritable institution, qui a eu ses historiens, comme Augustin Challamel (Les Amuseurs de la rue : essai historique, Ducrocq, 1875), Pozzo di Borgo ( Les Champs-Élysées : trois siècles d'histoire, 1997), ou Sacha Guitry (Remontons les Champs-Élysées, 1957). Guitry raconte l'histoire du premier théâtre de marionnettes des Champs-Élysées, dont le propriétaire finit guillotiné sous un prétexte futile. Dans Le Coeur battant de Paris (1968), René Héron de Villefosse explique : "Le fumiste Guillaume Loison, aidé par sa femme Anne Maurice, avait cru pouvoir monter un spectacle de marionnettes et, le jour de l'hommage à Marat, sur le tertre que Boissy d'A nglas aurait voulu consacrer à Jean-Jacques Rousseau, il osa donner un spectacle de circonstance : l'assassinat de Marat par Charlotte Corday. Les auteurs, astucieux mais candides, omirent de terminer leur saynète par l'apothéose de l'Ami du peuple. Dénoncés comme contre-révolutionnaires, ils furent incarcérés à la prison des Carmes et comparurent devant le Tribunal révolutionnaire, le jour même du 9 thermidor, pour avoir insulté la mémoire d'un martyr de la liberté. Malgré leurs dénégations, ils furent tous deux condamnés à la peine capitale." Cette anecdote montre le caractère éminemment subversif et dangereux de ce genre jugé enfantin, et pourtant si populaire. L'actuel Guignol des Champs-Élysées a été ouvert en 1818, à l'emplacement qu'il occupe toujours. Il a été tenu pendant plusieurs générations par la famille Geuntleur. Créé en 1808, Guignol est d'origine lyonnaise. Cependant, selon un historien de cette ville, "le tissage de la soie et le guignol sont deux produits qui n'ont jamais pu être convenablement exportés, car ceux qui n'ont vu, par exemple, que le Guignol des Champs-Élysées, n'ont aucune idée de ce qu'est notre Guignol à nous. Le Guignol des Champs-Élysées s'est parisianisé à l'usage des petits enfants ; il rosse le commissaire, il abuse du bâton, et Guignol fils est un véritable voyou, plein d'irrespect pour son vieux filou de père." (Joseph Manin, Salut public de Lyon, 23 septembre 1908 ; cité par Aurélien Lignereux, "Rosser le gendarme dans les spectacles de marionnettes au XIXe sièc le : une école de rébellion ?", dans Figures de gendarmes, Sociétés et représentations n°16, 2003). Max et Alex Fischer témoignent de l'engouement pour ce théâtre enfantin, qui voisine avec pas moins de quatre ou cinq théâtres "pour adultes", au Rond- Point des Champs-Élysées : "Et puis - nouvelle scène - voici le Guignol des Champs-Élysées au début de la troisième République, le Guignol des Champs-Élysées qui compte alors, parmi ses spectateurs les plus assidus, le petit Poincaré, le petit Foch, le petit Messager, le petit Citroën, la petite Cécile Sorel, tous, à cette époque, âgés de six ou sept ans." (Max et Alex Fischer, Dans une baignoire : notes et impressions de théâtre, 1927, p. 224), toute la génération du début du XXe siècle se sera pressée sur les petits bancs pour rire aux éclats des farces de Guignol. Les pièces d'Adolphe Tavernier (né en 1854) et d'Arsène Alexandre (1859-1937) ont-elles été jouées devant ce jeune public de futures célébrités ou, du moins, dans le lieu lui-même ? Les auteurs, dit Jules Claretie, "ont retrouvé, ranimé, fait parler et revivre la plupart des types amusants, singuliers, à jamais charmants, qui ont diverti les générations : Guignol, Guignolet, Monsieur Lustucru, le marquis de Carabas, personnages aussi célèbres que les héros de Molière, et comme Balzac dans sa Comédie humaine, ils ont à travers des chapitres multiples, conté le roman de Guignol, ses aventures et ses méfaits, jusqu'à la catastrophe finale, jusqu'à l'heure où le Bon Gendarme était impuissant, l'inévitable justice apparaît sous les traits du diable cornu. (...) [ils] ont "déprovincialisé", si je puis dire, le Guignol lyonnais, celui que j'ai entendu, un jour, rue Ecorcheboeuf. Ils l'ont humanisé. Il n'est pas seulement de la Croix-Rousse : il est de partout. A ses côtés, des marionnettes très modernes, nées de l'invention de nos auteurs, viennent prendre place parmi les pantins classiques. C'est le marquis de Johannisberg, c'est le baron de la Lapinière, c'est M. Bombe du Thorax, professeur de maintien. Tous les pupazzi sont dessinés d'un trait spirituel, alerte, très français..." Henri Jules Jean Geoffroy (1853-1924) est un illustrateur spécialisé dans les scènes enfantines pour Hetzel (Albums Stahl, Petite Bibliothèque Blanche), Delagrave et Hachette. Il a illustré, pour Hetzel, Une année de collège à Paris d'André Laurie, et le Théâtre de famille de Gennevraye, tous deux en 1882. Sans rousseurs. Titre rare sur ce thème.
bottom of page