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TREMISOT (Georges). La Petite Colonelle .

TREMISOT (Georges). La Petite Colonelle .

SKU : 9501166
350,00 €Prix
Paris, Librairie Ch. Delagrave, 1913, 3e édition, gr. in-8 (29 x 20,5 cm), percaline à trame grise, bords biseautés. Au premier plat, noir et or, signé Nelson Dias (monogramme dans un cartouche en bas à gauche), ensemble de dessins tirés de l'iconographie dans un cadre Art Nouveau : le couvre-chef et les épaulettes de la Petite Colonelle (ill. p. 83), l'aérostat le Léviathan (ill. p. 91), un renne (ill. p. 171), un ours blanc (ill. 193), un indigène accroupi (ill. p. 201). Au second plat, marque de l'éditeur à froid (paon faisant la roue), au dos le couvre-chef et les épaulettes repris du plat, tr. dorées (A. Damy, graveur), 224-(8) pp. ¦Édition illustrée de 26 dessins de Pinchon, dont 13 hors-texte. Première publication en feuilleton dans la revue Saint-Nicolas (1905) , puis en volume la même année. Deuxième édition en 1908. Nous avons déjà présenté Georges Trémisot (né en 1857), écrivain hautement fantaisiste mais peu prolifique, servi par de bons illustrateurs, auteur des hilarants Souvenirs d'un hippopotame (Delag rave, 1906), illustré par Raymond de La Nézière, et qui anticipe de façon troublante les aventures de Babar (cf. PH 28/539). Un précédent roman de Trémisot, L'Automobile enchantée, avait déjà été illustré par Pinchon en 1903. Le tandem se retrouve pour ce roman extravagant qui a fait l'objet de mentions dans les revues artistiques de son temps, ce qui est assez peu fréquent pour un livre de ce genre. L'Art et les artistes (1906) le présente ainsi : "Récit joyeux, en pleine fantaisie, des situations coc asses, des caractères inattendus et ingénieux, des mots drôles, de l'intérêt sans cesse renouvelé et de l'esprit", tandis que la Revue des arts graphiques (1905) dit : "Charmant récit, que la vie de cette Petite Colonelle du 1er régiment de uhlans bleus qui est une spirituelle espiègle et... une aimable fille à marier. Par étourderie ou par malice, elle crée des situations qui inquiètent toute la cour de monseigneur l'archigrand-duc Adhémar, son père, mais qui amusent follement les lecteurs." Le Corresp ondant (1905) est plus précis : la Petite Colonelle, "c'est la petite grande-duchesse Arlette, fille de Mgr Adhémar XIV, archi-grand-duc de Kamemberg. Gentille enfant, gaie, énergique, elle cavalcade à la tête de son 1er régiment des Uhlans bleus, taquine le pauvre prince Wladimir, interviewe le brave docteur Volapuk, fuit dans le ballon Léviathan, etc." L'intérêt du récit est rehaussé, pour le lecteur d'aujourd'hui, par son caractère conjectural et science-fictionnel. En effet, le ballon-aérostat-amphi bie le Léviathan est un engin de locomotion aérienne extrapolé aux performances multiples, ce qui vaut au roman d'être résumé dans Les Terres creuses de Guy Costes et Joseph Altairac (2006) : "Arlette de Kamemberg, héritière de ce royaume (ruritanien), fête ses vingt ans et ses parents la trouvent en âge de se marier. La petite colonelle est détournée de son devoir par l'arrivée inattendue d'un dirigeable danois d'avant-garde, le Léviathan : elle aimerait bien visiter Paris avant de se marier. Mais l' inventeur Ipsiboas Kollanstuck, élégant vieillard, se montre bien piètre pilote, et l'engin avec tous ses passagers, y compris notre héroïne, dérive vers le Groenland ! Ils y rencontrent un couple d'Européens, eux-mêmes depuis longtemps naufragés dans ces régions. M. et Mme des Gaufrettes, grâce à une dynamo qui produit la "fée électricité", ont transformé un village esquimau en une petite utopie technologique. Le couple habite un appartement somptueux, alors qu'on attendrait un igloo malodorant". Les équip ements sont souterrains, ce qui justifie l'inclusion de ce roman dans le livre sur Les Terres creuses ! Mais l'aventure se poursuit, et le dirigeable reprend sa route, après avoir embarqué les naufragés du Pôle, se dirigeant vers le Sud et la zone tropi cale. Un jour, pendant leur sieste, les aéronautes se réveillent amarrés à une terre, ou plutôt à une île, en pleine Océanie, peuplée de cannibales qui les retiennent prisonniers. Mais il suffit à la Petite Colonelle d'apparaître pour que les indigènes se jettent à ses pieds et la proclame leur reine ! En effet, avec sa jupe courte, elle est la reine de la danse qu'ils vénèrent, et elle se lance dans une démonstration endiablée avec ses amis. Sauvés, les Européens n'en sont pas moins prisonniers. C'est comp ter sans l'ingéniosité du savant constructeur de l'engin volant, qui a prévu la situation où son appareil ne pouvant plus voler, peut être transformé en navire ! Les voyageurs rentrent dans leur royaume européen (capitale Hodeseltz), et Arlette peut épous er le neveu du savant, le jeune Yorik Watenler. Curieusement, l'histoire et la couverture font écho à un autre livre illustré par Pinchon, que nous avons déjà présenté, La Petite princesse des neiges de Thécla de Mommerot (1907, PH 24/463), situé lui au ssi au Groenland, avec en commun le dessin d'un renne au premier plat. Comme quoi, aussi bien les régions du Nord que celles du Sud exercent une attraction puissante pour les romanciers du début du XXe siècle, soucieux de situer leurs récits dans un cadre exotique. Le dessinateur du premier plat n'est pas Pinchon mais Nelson Dias, un artiste attaché à la maison Delagrave, pour qui il a illustré Les Monuments de Paris d'Hippolyte Bazin (1905), et les Contes populaires de la vieille Russie d'Abnour (1910 ). Il a aussi signé le cartonnage des Chasses en Abyssinie de H. Decaux, illustré par R. de La Nézière (1905, PH 5/89). Bel exemplaire.
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