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VITIS (Charles de). Le Roman de l'ouvrière .

VITIS (Charles de). Le Roman de l'ouvrière .

SKU : 9500159
450,00 €Prix
Tours, Maison Alfred Mame et fils, [1908], gr. in-8 (30 x 21 cm), percaline rouge. Premier plat orné d'encadrements et de motifs décoratifs noirs et dorés, avec un cartouche central contenant un portrait polychrome de l'héroïne, vu de profil, signé P. d'Horteuille. Second plat orné de motifs d'encadrement noirs, dos orné de motifs décoratifs noirs et dorés, tr. dorées , 398-(2) pp. (H16)¦Édition illustrée de 37 compositions in et hors texte par Édouard ZIER, dont un frontispice. Premier et seul tirage au format gr . in-8, les éditions précédentes et suivantes étant d'un format plus petit, avec 460 pp. Charles de Vitis est le pseudonyme utilisé par le chanoine Lucien Vigneron (1848-1913), pour signer, à partir de 1896, des romans populaires, dont le premier, Le Rom an de l'ouvrière, paru en feuilleton dans Le Petit Journal en 1896-97, obtient un grand succès, et connaît de nombreuses rééditions jusqu'en 1922. Il est resté un témoignage important sur la question sociale qu'il aborde d'une manière franche et directe . L'auteur "dit très nettement que l'ouvrière travaille treize heures par jour et gagne trop peu pour vivre décemment. Cela n'est pas mythique. L'auteur dit ce qu'il a observé", souligne un des participants des Entretiens sur la paralittérature (1970). C'est l'"histoire palpitante d'une jeune fille ruinée qui est obligée de travailler", dit l'abbé Bethléem qui en recommande la lecture, ajoutant que ce roman "a obtenu, il y a quelques années, le prix de trente mille francs au concours du Petit Journal" (Romans à lire et romans à proscrire). L'auteur, prêtre du clergé de Paris, s'est fait connaître comme missionnaire en Chine et voyageur. Sous son nom, il publie plusieurs relations de voyage, dont Deux ans au Se-Tchouan (Chine centrale) (1881), A tr avers l'Espagne et le Portugal (1883), Entre les Alpes et les Carpathes (1883), Bretagne et Grande-Bretagne, Italie et Sicile (1879-1883) (1886), De Montréal à Washington (Amérique du Nord) (1887), Au-delà du Rhin (Prusse rhénane) (1892), etc. So n ouvrage Sang noir : scènes de la vie esclavagiste dans l'Afrique équatoriale (1893) fut couronné au Concours international institué par le cardinal Lavigerie en faveur du meilleur ouvrage populaire propre à favoriser la cause de l'abolition de l'esclav age africain". Après ces succès, l'auteur poursuivit son oeuvre populaire sous son pseudonyme, publiant successivement : Coeur d'enfant (1899), La Revanche de Madeleine (Mame, 1902), Suzanne la doctoresse (1903), Le Serment de Marthe (1907), A tr avers le globe, impressions de partout (Mame, 1908), Le Jardin qui chante (Mame, 1910), Mère française (Mame, 1910), Paysages gris et bleus (id.), etc., souvent publiés d'abord en feuilleton, "auxquels on ne pourra pas reprocher, comme à certaines o euvres catholiques, de nous conduire par des chemins battus : ils sont empoignants et construits avec des scènes si étranges et des intrigues si originales !" s'exclame Bethléem. Michel Nathan, critique du roman populaire, souligne : "Le roman populaire c atholique est toujours engagé, qu'il se contente de donner des leçons de morale ou qu'il prenne partie dans des questions d'actualité. Il n'a pas su ou pas voulu créer une forme d'écriture originale. Il s'est contenté d'imiter, de plagier ou de corriger to utes les formes du roman populaire existantes : le comique, l'historique, le scientifique, l'étude de moeurs. Il a mis au service de la cause à défendre tout ce qu'avait exploité le roman depuis qu'il existe, jouant à la fois du présupposé des explications théoriques et de la fiction. Le Roman de l'ouvrière de Charles de Vitis est, à ce propos, exemplaire. Sont décrites par cet ancien missionnaire les injustices dont les ouvrières du textile sont les victimes. L'auteur appelle à l'association ouvrière et déplore le sort des femmes moins payées que les hommes, soumises à la lubricité des chefs, devant, de surcroît, en rentrant de l'atelier "raccommoder, savonner, faire la soupe, nettoyer le ménage." Mais cet appel à l'association se fait par le truchement d 'une intrigue romanesque qui délivre d'autres messages. Après la mort de ses parents, l'héroïne, Germaine, ne peut entrer en possession de l'héritage de sa tante dont le testament a été perdu. L'orpheline se met courageusement au travail et restaure des de ntelles anciennes (...) Germaine, habitant les quartiers pauvres, devient une sorte de soeur de charité qui comprend la misère des ouvrières" (Splendeurs et misères du roman populaire, 1990). "Il y a là des détails curieux et terriblement vrais", écrit Serge Baranx, "j'ai eu l'occasion de voir de près les ouvrières parisiennes, notamment celles des industries du vêtement et du linge, et je vous assure que rien dans les chiffres ni dans les faits n'est exagéré" (Revue de l'enseignement primaire, 1897). A l'état de neuf.
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