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WERNER (Amiral Reinold von) . Souvenirs maritimes .

WERNER (Amiral Reinold von) . Souvenirs maritimes .

SKU : 9501333
300,00 €Prix
Paris, Librairie Ch. Delagrave, [1883], gr. in-8 (29 x 20 cm), percaline rouge, bords biseautés. Au premier plat, noir, or et argent, phare au bout d'une jetée, dont la lanterne irradiante est surmontée de trois étoiles d'argent, trois marins à son pied, l'un grimpé sur le dos du deuxième pour tenter d'atteindre une étoile, le troisième en partie caché derrière le phare, au premier plan, quai avec borne, ancre et chaîne. Au second plat, encadrement de motifs végétaux, au centre vignette aux initiales CD, au dos mouettes, trois étoiles en haut et en bas, ancre et chaîne dans un ruban au centre, tr. dorées (Paul Souze, graveur, Ch. Magnier, relieur), (8)-324-(4) pp. ¦Édition originale illustrée de 291 dessins de Ginos (dont page de titre) et traduite par Noé.Traduction partielle de : Erinnerungen und Bilder aus dem Seeleben [Souvenirs et images de la vie maritime] (Berlin, Hofmann, 1880), en deux parties : Un premier voyage en mer (Eine erste Seereise) et Images de la vie maritime (Ernstes und Heiteres. Bilder aus dem Stillleben der deutschen Marine).Ce livre de souvenirs donne une idée très précise de la vie à bord des navires à voile dans les années 1840, à loccasion dun voyage de Hambourg à Batavia en Indonésie, en passant par le Cap Horn, sur lAlma. Lauteur, Reinhold Heinrich von Werner (1825-1909), alors âgé de 17 ans, était nourri des lectures de Fenimore Cooper et Frederick Marryat. Il relate les étapes et les épreuves rencontrées par un mousse : les corvées, les manœuvres, les brimades, les coups de mer, intempéries et tempêtes, les escales, la pêche en mer, le passage des tropiques, les chansons de marins, les mauvaises rencontres, les phénomènes électriques comme le feu Saint-Elme, le passage de la ligne et le « pot au noir », le calcul de la longitude. Le voyage dure quatre mois. Au retour lauteur tombe malade, mais décide de poursuivre sa carrière de marin. En 1848, dit-il, « une flotte était née à lAllemagne. Jy entrai comme officier, et les rêves de ma jeunesse se trouvèrent enfin accomplis » (p. 204). La seconde partie relate quelques aspects de lhistoire de la marine allemande. Lauteur poursuivra sa carrière dans la marine prussienne, et sera nommé capitaine en 1870, interviendra en Espagne en 1873, où ses actions seront blâmées par Bismarck estimant que Werner a outrepassé ses droits. Il sera mis à la retraite en 1878 mais nommé amiral de la marine impériale en 1898.« L'intérêt croissant que l'on porte à tout ce qui touche la marine a engagé la librairie Delagrave à offrir au public la traduction d'une œuvre qui a obtenu le plus grand succès chez nos voisins d'outre-Rhin. Les Souvenirs maritimes de l'amiral Werner se divisent en deux parties. Dans la première, l'auteur, se rappelant son premier voyage sur un navire de commerce, retrace avec un rare bonheur toutes ses surprises, ses déceptions et ses joies ; ceux de nos lecteurs qui ont navigué retrouveront dans ces pages leurs premières impressions dans toute leur fraîcheur et toute leur naïveté. La deuxième partie nous reporte à l'époque où l'amiral débutait dans la marine de l'État en qualité d'officier. Cette partie, présentée sous une forme humoristique des plus amusantes, est pleine de curieux détails sur l'organisation de la première marine allemande, sur la vie de bord, sur les cadets de marine, et se termine par un récit des plus dramatiques dans sa simple vérité. Cet ouvrage est traduit avec une scrupuleuse exactitude par Noé, et Ginos a émaillé ces récits de nombreux croquis très fidèles, qui donnent à tout l'ouvrage un regain de vie et de mouvement.Tout se réunit donc pour assurer aux Souvenirs maritimes de l'amiral Werner une continuation durable de leur grand et légitime succès. » (Revue maritime et coloniale, 1884, volume 82, p. 751).Louvrage de Werner peut être comparé à ceux de Sahib, comme La Frégate LIncomprise (1882, PH 4/78).Werner est peu connu en France. Toutefois, lépisode de la pêche aux tortues décrit par Werner a été relevé par Marie-Haude Arzur dans son livre Animaux à bord (Glénat, 2014). Werner est aussi évoqué dans le cadre de la colonisation allemande du Togo, à propos de laquelle il a écrit un roman, étudié par Kuassi Amétowoyona Akakpo (« Le Roman de Reinhold Werner sur l'intervention militaire allemande à Aneho en février 1884 », dans Le Tricentenaire d'Aného et du pays guin : actes du colloque international sur le tricentenaire du pays guin (Aného 18-20 septembre 2000). A l'écoute de l'histoire, Nicoué Lodjou Gayibor, éd., Presses de l'Université de Lomé, 2001). Nicoué Gayibor résume : « Le premier roman colonial allemand consacré au Togo parut dès 1885, c'est-à-dire à peine un an après la proclamation du protectorat, en juillet 1884. Paru sous le titre Drei Monate an der Sklavenküste ("Trois mois sur la Côte des Esclaves"), il raconte sur le mode romanesque et apologétique la prise de possession du Togo par l'Allemagne en 1884. C'est probablement le prototype même de la littérature de fiction mise au service de la justification de la colonisation. Il est l'œuvre d'un amiral nommé Reinhold Werner (1885), qui sillonna plusieurs fois les côtes africaines sur des bateaux de guerre allemands » (Histoire des Togolais. Des origines aux années 1960, tome 4 : Le refus de l'ordre colonial, Karthala, 2011). Sur lhistoire du roman colonialiste allemand, on consultera, de Sibylle Benninghoff-Lühl, Deutsche Kolonialromane, 1884-1914, in ihrem Entstehungs- und Wirkungszusammenhang (Übersee-Museum Bremen, 1983) et sur lhistoire navale allemande louvrage de référence de Keith W. Bird, German naval history: a guide to the literature (Garland, 1985).Quelques rousseurs aux pages liminaires et finales.Bel exemplaire.
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