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YRIARTE (Charles). Venise.

YRIARTE (Charles). Venise.

SKU : 9500383
1 200,00 €Prix
Paris, J. Rothschild, 1878, 2ème éd., gr. in-4 (40 x 30 cm), demi-chagrin rouge, plats de percaline chagrinée, bords biseautés. Premier plat orné d'un large encadrement noir et blanc de motifs décoratifs avec en bas le lion de Saint-Marc et la mention "Urbs Venetiarum", en haut le bonnet dogal ordinaire à pointe (d'après l'encadrement de la p. de titre), la réserve centrale occupée par le titre et le dessin du Bucentaure (d'après la pl. de la p. 48), entouré d'une dentelle de petits fers dorée et de filets. Second plat avec la même dentelle et au centre un large fer noir et or regroupant les attributs du doge (d'après la gravure de la p. 258) : un trône portant un coussin sur lequel est posé le bonnet dogal de cérémonie, auquel est accoudé un angelot portant une ombelle, à ses pieds des trompettes entrecroisées, à l'arrière des drapeaux (gravure signée CY, Charles Yriarte), dos portant six caissons ornés de fers décoratifs (vasques, oiseaux, feuillages, etc.), tr. dorées (A. Souze, graveur, A. Lenègre, relieur), XII-328 pp. ¦Édition illustrée de 525 gravures dont 50 hors texte, intertitres tirés en rouge, et un frontispice d'après Véronèse. Histoire, art, industrie, la ville, la vie. Certainement l'un des plus admirables livres sur Venise publiés au XIXème siècle. Son auteur lui a ajouté son pendant chez le même éditeur en 1881, en écrivant Florence, publié dans le même format et avec le même luxe. Il connaît parfaitement son sujet et la région de l'Adriatique, sur laquelle il a écrit plusieurs livres, dont Les Bords de l'Adriatique (Hachette, 1878, cf. PH 81). On rapprochera son ouvrage de celui de Henry Havard, Amsterdam et Venise, paru chez Plon en 1876 (cf. PH 181). Charles Yriarte (1833-1898) avait publié précédemment La Vie d'un patricien de Venise au XVIème siècle (Plon, 1 874, gr. in-8 ; rééd. Rothschild, 1883). "Je n'ai pas tenté d'écrire l'histoire de Venise", dit modestement l'auteur dans la Revue scientifique (1877, p. 639). "Je me suis borné à jeter un coup d'oeil général, à présenter un tableau d'ensemble, à esquisser à grands traits la personnalité de l'État de Venise, montrant le point de départ, le plein épanouissement et la décadence, et détachant quelques épisodes dramatiques. Les Archives de Venise sont la source féconde où on devra puiser. J'y ai introduit le lecteur, le conduisant dans chaque chambre et lui disant, d'après le beau travail de M. Armand Baschet [Les Archives de Venise, Plon, 1870], ce qu'elle contient et ce que l'historien peut lui demander. Toute la puissance des Vénitiens découle de leur commerce, et le commerce a son origine dans la navigation ; j'ai dû aborder ces sujets, étudier les développements de l'échange, montrer les transformations et les perfectionnements de la construction navale ; entrer dans l'Arsenal, ce palladium de l a république, en dire l'histoire, les curiosités et sa prodigieuse importance aux beaux temps de la Sérénissime. (...) Je n'ai jamais abordé un sujet sans le traiter au point de vue plastique, et chaque page a son commentaire dessiné. A l'Arsenal, par exemple, voici le monument, voici les darses, les chantiers, le modèle d'une galère, la vue du Bucentaure, et, descendant dans le passé, voici le fac-similé de la gravure de 1570 de Giacomo Franco, montrant la sortie et la paye des ouvriers." "Venise, n'est-elle pas la plus orientale des villes italiennes et même la plus orientale des villes de notre vieille Europe ?", s'exclame L. Gonse (Gazette des beaux-arts, 1878). "Quel beau sujet et combien n'a-t-il pas tenté déjà d'écrivains ! On formerait une bibliothèque avec toute la littérature qu'a fait éclore la merveilleuse cité. Les Lettres du président des Brosses, le célèbre roman connu sous le titre de Mémoires de Casanova, l'Italie de Gautier et le Voyage en Italie de Taine, resteront au premier rang". Le livre de Ch. Yriarte "est une oeuvre d'un tout autre genre ; c'est, au sens ancien du mot, une illustration de Venise et une illustration monumentale. Sous ce rapport il est douteux que la richesse en soit jamais dépassée ni même égalée. Il est d'une somptuosité extrême, d'une somptuosité telle qu'elle étouffe, écrase, envahit de toutes parts le texte de M. Yriarte, qui est cependant le travail de quelqu'un qui connaît mieux que personne Venise, mieux qu'un Vénitien. (...) Nous y retrouvons surtout l'art et ses ramifications infinies : l'architecture, la sculpture, la peinture, la typographie, la verrerie, la mosaïque, les dentelles et le costume, toutes choses qui à Venise ont eu un développement et un éclat exceptionnels. On sait ce que les trois premières ont produit : les noms des artistes, depuis Palladio et les Lombardi jusqu'à Véronèse en disent assez. Vouloir citer seulement leurs noms et leurs oeuvres serait refaire le livre de M. Yriarte. On sait aussi, puisqu'elles tiennent encore aujourd'hui le premier rang, ce qu'ont été la mosaïque et la verrerie. Quant à la typographie, il suffit de nommer le plus grand des imprimeurs, Alde Manuce, le créateur du type moderne, et de désigner le plus beau livre qu'il ait produit, l'Hypnéroto machie, pour se rendre compte de ce qu'elle a pu être." "Ce superbe volume de format très grand in-4° (...) est l'oeuvre la plus magnifique que la typographie et la gravure aient encore consacrée à Venise. Nous dirions même qu'on n'a jamais décrit ainsi Venise, si le souvenir de Théophile Gautier ne nous arrêtait", dit Henry Houssaye dans son article Le Livre illustré. "D'ailleurs le livre de M. Yriarte a d'autres qualités. Où l'auteur de Constantinople n'a fait qu'une merveilleuse description, un lumineux tableau, une surprenante et admirable condensation des aspects multiples de Venise, M. Charles Yriarte, avec plus de temps, plus d'études, plus de recherches, décrit un à un les monuments et les tableaux, raconte les grands événements de l'histoire de Venise, surprend les secrets de ses archives et pénètre les mystères de son gouvernement, fait l'historique de ses arts et de son industrie, étudie sa littérature depuis les historiens officiels de la sérénissime république et le voyageur Marco Polo jusqu'à Goldoni et Gozzi ; il entre dans la vie intime de la Venise contemporaine. Il a vu ses fêtes et ses divertissements, il a entendu les messes de la Salute et de Saint-Marc, il a interrogé les bigolantes de la cour du palais ducal et les gondoliers de la Riva, il a été reçu dans les palais et dans les couvents. Il a été dix fois à Venise, et la place Saint-Marc lui est plus familière peut-être que la place de la Concorde. Mais pour bien peindre Venise, il ne suffit pas de la connaître, il faut l'aimer. Il faut être sensible à son charme pénétrant, à sa mélancolie adorable qui vous envahit, à son mystère féerique qui vous emporte comme en un rêve de fumeur d'opium. Il faut en savourer la séduction quand on y est, en sentir la nostalgie quand on en est éloigné, la quitter avec tristesse, la revoir avec bonheur. Or M. Charles Yriarte aime Venise ; il en parle comme un exilé parlerait de la patrie." (Le Livre illustré, in Revue des Deux Mondes, 15 déc. 1877, p. 642). Vicaire, VII, 1185. Blanc, Bibliographie italico-française universelle (1886), 927. Exemplaire sans défaut ni rousseurs, admirablement préservé dans sa magnifique reliure éditeur.
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